LA RESPONSABILITÉ D’EN INVITER D’AUTRES À PARTAGER SON EXPÉRIENCE VÉCUE

En poursuivant la révision de sa vie durant sa retraite, Eugène se rendit compte qu’il était tenté de se perdre dans le travail et de penser que tout était très bien. Il avait besoin de garder en tête l’esprit de son oblation au sein de ses activités:

Ainsi, bien loin de croire d’en faire trop parce que quelques hommes me blâment et dénaturent les choses en appelant excès de zèle ce qui n’est que le simple accomplissement d’un devoir, je reconnaîtrai que je suis fort au-dessous de mes obligations, et j’en ferai davantage si cela m’est possible.

Le pivot était la qualité de son « être » de façon à mettre en œuvre la qualité de son «agir».

Mais je ne dois pas oublier que pour travailler utilement au salut des autres, il faut que je m’applique très sérieusement à me perfectionner moi-même, et que je prenne garde de ne pas me dissiper en me consacrant au service du prochain. Je fixerai irrévocablement pour règle de ma conduite qu’il faut que rien au monde soit habituellement dans le cas de nuire à mon propre avancement dans la vie spirituelle.

Notes de retraite, Août 1817, E.O. XV n. 144

La « vie spirituelle » d’Eugène n’excluait les autres en aucune façon – elle existait de telle sorte que les autres pourraient avoir la vie par le biais de son ministère.

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Une réponse à LA RESPONSABILITÉ D’EN INVITER D’AUTRES À PARTAGER SON EXPÉRIENCE VÉCUE

  1. Denyse Mostert dit :

    Il est évident que rencontrer un idéal ‘dont la marche est haute’ est exigeant. Et que celui qui en est habité se trouve quelquefois taxé d’excès de zèle. Il faut s’attendre que le bouillant Eugène de Mazenod ne peut garder sous le boisseau son ardent désir de vivre avec les Missionnaires de Provence, « une option préférentielle » pour les plus abandonnés de la société.

    C’est là du jamais vu et une action de la plus grande urgence qui va redonner le goût de l’espérance à tous ces gens des campagnes, laissés si longtemps à eux-mêmes, le cœur encore blessé par les expériences amères de la Révolution.

    Le bouillant Fondateur va-t-il se laisser emporter par ce grand élan découvert un Vendredi Saint 1807 ? Il est certain que les difficultés surmontées, depuis qu’un petit groupe de prêtres aménageait dans l’ancien bâtiment des Carmélites, ont exigé un effort hors norme. Il est normal que l’expérience nouvelle des missions en campagne exige une préparation et une endurance inhabituelles. Il est aussi clair que la situation conflictuelle avec le clergé des environs, dans laquelle Eugène se débat encore en cette année 1817, nécessite une énergie et surtout une foi solides.

    Et pourtant, fort de l’expérience passée, Eugène sait maintenant prioriser les nécessités absolues. « Je suis fort au-dessous de mes obligations », reconnaît-il, sans pour autant se lancer à corps perdu dans une expérience ‘héroïque’ où sa vie intérieure va passer au dernier rang.

    Que de leçons à tirer pour ceux et celles sollicités sans cesse par des tâches toutes plus urgentes les unes que les autres ! Pour ceux et celles qui un jour ou l’autre sont pris dans un enchevêtrement de ‘devoirs’, louables certes, mais qui ne laissent aucun temps de respiration pour l’unique essentiel de notre relation à nous-même qui n’est en définitif que notre relation à Dieu.

    Mea culpa ! J’ai connu cette situation. Et pour être honnête je dois faire preuve d’une certaine force de caractère pour refuser des engagements au bout desquels je pourrais me retrouver sans souffle, menacée même d’une certaine sécheresse intérieure. Mais je m’égare. Voilà que je semble porter à mon compte les propos de notre Fondateur !

    Et pourtant, à bien y réfléchir, il appert qu’aucune excuse ne se révèle plausible à ce sujet. Eugène de Mazenod, cet homme de combat, a su tirer des conclusions qui s’appliquent à tout chrétien porté par un idéal à canaliser.

    « Il faut que je m’applique très sérieusement à me perfectionner moi-même, et que je prenne garde de ne pas me dissiper en me consacrant au service du prochain», écrit-il. Et encore « Je fixerai irrévocablement pour règle de ma conduite qu’il faut que rien au monde soit habituellement dans le cas de nuire à mon propre avancement dans la vie spirituelle. »

    ‘Il faut savoir déléguer’, disait mon mari, chef d’entreprise. Ne retrouve-t-on pas là-dedans l’application concrète des résolutions d’Eugène ? Voici qui demande de grandes qualités de connaissance humaine, de détachement et de répartition des tâches… mais ceci est une autre histoire…
    amères

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