LA COMMUNAUTÉ N’EST PAS UN HÔTEL

Eugène continue sa réflexion sur la communauté et sur la façon dont chaque membre doit être engagé pour elle. Il utilise le concept de « maison », non dans le sens d’une construction physique, mais comme le lieu où la communauté prend forme.

Il faut de plus qu’on ait un grand attachement pour la maison. Celui qui ne la regarderait que comme une hôtellerie où il n’est qu’en passant n’y ferait pas le bien. Il faut pouvoir dire comme st. Thomas: haec requies mea [ed. Ps 131, 14: C’est le lieu de mon repos pour toujours; j’y habiterai…] pour tout le temps de ma vie.
Je vois que les corps où cet esprit régnait le plus sont ceux qui ont fait le plus de bien et où l’on vivait le plus heureusement.
Que Dieu nous fasse la grâce d’être bien pénétrés de cette vérité et ne négligeons rien pour l’inspirer à nos jeunes gens.

Lettre à Henri Tempier, le 12 août 1817, E.O. VI n. 20

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Une réponse à LA COMMUNAUTÉ N’EST PAS UN HÔTEL

  1. Denyse Mostert dit :

    La « maison » dont parle Eugène de Mazenod, me fait immanquablement penser à notre petit chalet dans les Laurentides, construit dans les années 70 et toujours témoin de chaleureuses rencontres.

    Ce fut un projet familial. Il serait faux de dire que tout ce travail s’est fait dans un climat constant d’allégresse. Il y a eu des fins de semaine où l’un ou l’autre d’entre nous aurait préféré profiter de la belle nature environnante plutôt que de travailler encore et toujours à une construction bien lente à terminer. Au bout du compte, notre petit refuge dans les montagnes témoigne aujourd’hui encore d’une tâche menée jusqu’au bout. Et subsiste toujours la fierté de l’avoir réalisée ensemble.

    Bien sûr, les séjours y sont rarement de longue durée, et pourtant je me refuse à le considérer « comme une hôtellerie où [on ne vient] qu’en passant ». J’oserais plutôt dire que la qualité de nos rencontres l’emporte sur la brièveté des séjours.

    Il est le rendez-vous où l’on aime se retrouver, se reposer des fatigues du travail, voir l’émerveillement de la jeune génération devant ce décor si différent de celui de leur vie de tous les jours. À l’occasion, il est le aussi lieu de rencontre entre amis. Son atmosphère ‘’différente’’ est propice aux joyeux propos comme aux confidences. Des célébrations eucharistiques y ont eu lieu évoquant la simplicité de la Cène du Jeudi Saint.

    Finalement on peut dire qu’il est l’endroit où l’on est heureux de se retrouver, où on a le goût d’être soi-même tout simplement et dont on repart avec une chaleur partagée.

    Tout comme doit l’être la « maison » où les missionnaires viennent refaire le plein d’énergie avant de repartir vers d’autres chantiers, on peut dire de notre chalet qu’il est lieu où la communauté continue à garder toute sa signification.

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