PERMETS QUE JE PUISSE RÉVEILLER DE NOMBREUX PEUPLES INSENSÉS DE L’INDIFFÉRENCE FATALE QUI LES CONDUIT À LEUR PERTE

Eugène continue son sermon en présentant l’indifférence de l’après-Révolution française à Dieu et invite « vous les pauvres de Jésus-Christ » dans la Madeleine à venir aux instructions où ils seront éclairés.

Interrogez la multitude empressée qui s’agite sur nos places publiques, [p. 3] demandez à chacun ce qu’il fait, où il va, de quoi il s’occupe, etc.
  • Celui-ci vous répondra qu’un procès de la réussite duquel dépend sa fortune l’appelle auprès de ses juges pour solliciter, etc.
  • Celui-là qu’il va traiter d’une affaire importante, etc. L’autre que des travaux pressants nécessitent sa présence aux champs où il se transporte à la hâte.
  • Un autre encore qu’il roule dans son esprit des projets de fortune, d’intérêts ou d’ambition qui assureront, etc.
  • Peut-être en trouverez-vous qui seront forcés de vous dire qu’ils précipitent leurs pas vers l’objet de leurs infâmes passions.
Pas un seul, non, pas un seul ne pourra vous répondre que les vérités éternelles occupent son esprit, sont le sujet de ses méditations et de ses recherches. Desolatione desolata est terra, etc. (Jr 12,11). O aveuglement! O  folie! Cependant les jours passent, les années s’écoulent, la mort arrive!
L’illusion alors se dissipe, mais il n’est plus temps de réparer la perte d’une vie entière employée à la pénible recherche de vanités périssables qu’il faut laisser. Il est trop tard pour amasser un trésor incorruptible de gloire et de félicité pour l’éternité.
Venez donc qui que vous soyez, venez assidûment à des instructions qui doivent vous détromper sur tant de fatales erreurs, vous éclairer sur vos seuls intérêts véritables. Venez surtout, vous pauvres de Jésus-Christ et plût à Dieu que je pusse faire entendre ma voix dans les quatre parties du monde pour réveiller tant d’insensés de l’assoupissement fatal qui les conduit à leur perte.

Instructions familières en provençal, données à la Magdeleine en 1813.
[Notes pour l’instruction préliminaire], E.O. XV n. 114

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Une réponse à PERMETS QUE JE PUISSE RÉVEILLER DE NOMBREUX PEUPLES INSENSÉS DE L’INDIFFÉRENCE FATALE QUI LES CONDUIT À LEUR PERTE

  1. Denyse Mostert dit :

    L’assoupissement fatal qui les conduit à leur perte. »

    Ces quelques mots d’Eugène de Mazenod me ramènent directement à la liturgie d’hier et au texte de l’Ecclésiaste (1,2-11) que je trouve déprimant à force d’être réaliste. Vous connaissez ? « Vanité des vanités… Quel profit l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?… » etc.

    On entend souvent dire : « La vie va vite aujourd’hui ! » Peut-on vraiment affirmer que, vivre jadis était une sinécure ? Ambitions démesurées autant que détails futiles qui grugent le temps de bien des gens d’aujourd’hui n’existaient-ils pas chez ceux qui nous ont précédés ? La vanité ? Juste à lire les manuels d’Histoire et à les confronter aux nouvelles dont nous abreuvent les médias… Un « discours fatiguant dont on ne peut jamais rien dire ? » Écoutons certains de nos politiciens, écoutons-nous nous-mêmes alors qu’il nous arrive de vouloir faire à tout prix sensation… « …Rien de nouveau sous le soleil… » Combien de fois des moments de cafard nous ont-ils fait soupirer sur la monotonie de la vie ? Oui, un « assoupissement fatal » est au rendez-vous de chacune de nos journées. À nous de décider quelle place nous voulons lui donner !

    Et tout comme pour répondre au vœu de saint Eugène « de réveiller de nombreux peuples insensés » le répons du psaume 89 lui nous réveille à l’espérance: « D’âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge. »

    Vraiment, la similitude entre la situation déplorée par l’Ecclésiaste, celle dénoncée par notre Fondateur et ce qui se vit dans notre monde contemporain, vient de me toucher profondément. Je viens de prendre une conscience plus vive qu’elle « est vivante la Parole de Dieu » et que son intemporalité est de toujours à toujours.

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