JE ME DÉFENDS PAR LA CONTINUATION DE TOUT CE QUE LE BON DIEU VEUT QUE JE FASSE MALGRÉ EUX

Les conflits avec quelques-uns des prêtres d’Aix débutèrent en 1816, une fois que les Missionnaires de Provence eurent été établis et ils ouvrirent leur église au culte public à partir d’avril 1816. En tant qu’église appartenant à une communauté, elle était exempte des limites paroissiales et le clergé local n’avait aucun contrôle sur elle. Il est facile de comprendre comment une communauté de jeunes prêtres, remplis du zèle de leurs débuts, commença à attirer les gens à l’Église de la Mission. La messe quotidienne, les prières du matin et du soir, les instructions, les confessions régulières, la dévotion des quarante-heures, les retraites préparatoires aux fêtes d’importance, le centre pour l’Association du Sacré-Cœur, et le ministère des jeunes couronné de succès, en étaient les ingrédients assez attirants. Il est aussi facile de comprendre comment les prêtres des paroisses environnantes étaient plutôt chagrins de voir des membres de leur troupeau s’en aller ailleurs pour obtenir des services. L’opposition devint inévitable.

Il faut non seulement attaquer l’enfer, mais encore il faut se défendre contre la jalousie et toutes les autres petites passions qui agitent certains prêtres qui sont bien à plaindre, car l’opinion publique en a fait une justice assez mortifiante pour eux..

Lettre à Forbin Janson, juillet-août 1816, E.O. VI n. 13

 En face de cette opposition, Eugène a confiance qu’il fait la volonté de Dieu et l’œuvre de Dieu, et c’est ce qui lui donne le courage de continuer à faire le bien avec une conscience claire

… il est difficile de me détacher d’ici où ma présence semble être encore nécessaire, car vous aurez de la peine à croire que n’ayant en vue que le bien, je dirai plus, faisant réellement le bien avec la grâce de Dieu, j’aie pourtant à lutter con¬tre une persécution continuelle de la part d’un certain nombre de prêtres dont les efforts sont néanmoins rendus impuissants par la position où il a plu au bon Dieu de me placer;
je fais semblant d’ignorer leurs sourdes menées, et à proprement parler je ne me défends que par ma bonne contenance, et la continuation de tout ce que le bon Dieu veut que je fasse malgré eux. Il me semble que les saints à ma place en eussent agi de la sorte, et toute mon ambi¬tion sera de tâcher de leur ressembler; je fais leurs œuvres en attendant d’acquérir une petite part de leurs vertus.
Nous avons cru reconnaître que le Seigneur nous protège, aux bénédictions très abondantes qu’il répand sur ce que nous entreprenons pour sa gloire. Cela nous dédommage et au-delà de tous les chagrins que ces faux prophètes voudraient nous donner, sans avoir l’air d’y toucher.

Lettre à M. Duclaux, 21 avril 1817, E.O. XIII n.5

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2 réponses à JE ME DÉFENDS PAR LA CONTINUATION DE TOUT CE QUE LE BON DIEU VEUT QUE JE FASSE MALGRÉ EUX

  1. Denyse Mostert dit :

    Nous connaissons Charles de Forbin Janson, l’ami à qui on peut tout dire.

    De M. Duclaux, Antoine du Puget, Sulpicien, jouissant lui aussi de toute la confiance du Fondateur, on lit dans Le Dictionnaire des Valeurs oblates : « Entré au séminaire le 12 octobre 1808, Eugène choisit tout de suite M. Duclaux comme confesseur et directeur spirituel. Au fur et à mesure que le directeur et le dirigé se connaissent mieux, les liens d’une véritable amitié spirituelle et humaine deviennent plus forts. Et cette amitié durera jusqu’à la mort de M. Duclaux en 1827. » (*)

    Personne n’aime laisser quelqu’un empiéter sur ses plates-bandes. Tous les « curés locaux » ne sont pas tous des P. Honorat invitant chaleureusement les missionnaires à prêcher chez eux une retraite de première communion. Les activités grandissantes du petit groupe de missionnaires commencent même à porter ombrage à plusieurs. Situation inconfortable s’il en est et qu’Eugène n’hésite pas à confier à ses deux amis.

    Dans sa lettre de 1816 à Forbin Janson on apprend la lutte à soutenir pour se « défendre contre la jalousie et toutes les autres petites passions qui agitent certains prêtres » mais aussi le réconfort bien humain d’ailleurs de constater que « l’opinion publique en a fait une justice assez mortifiante pour eux. »

    Le 21 avril 1817, à M. Duclaux il fait part de sa tristesse devant « les persécutions continuelles» contre sa petite communauté « n’ayant [pourtant] en vue que le bien ».

    « Je fais semblant d’ignorer leurs sourdes menées, écrit-il encore, et à proprement parler je ne me défends que par ma bonne contenance, et la continuation de tout ce que le bon Dieu veut que je fasse malgré eux. » Voici une attitude pleine de noblesse qui doit cependant demander un certain effort de la part du Méridional au franc parler que nous avons appris à connaître.

    On y retrouve aussi la joie du Fondateur devant les effets visibles de la mission qui lui font écrire : « Nous avons cru reconnaître que le Seigneur nous protège, aux bénédictions très abondantes qu’il répand sur ce que nous entreprenons pour sa gloire. »

    Pour terminer, cette petite phrase toute simple de Mère Teresa : « Si le travail qui vous a été confié est vraiment vôtre, alors vous devez le faire de tout votre cœur. » (**)

    http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=6&vol=1&let=D&ID=183
    http://www.djp.ch/dqp/citations-mere-teresa.html

  2. Denyse Mostert dit :

    Nous connaissons Charles de Forbin Janson, l’ami à qui on peut tout dire.

    De M. Duclaux, Antoine du Puget, Sulpicien, jouissant lui aussi de toute la confiance du Fondateur, on lit dans Le Dictionnaire des Valeurs oblates : « Entré au séminaire le 12 octobre 1808, Eugène choisit tout de suite M. Duclaux comme confesseur et directeur spirituel. Au fur et à mesure que le directeur et le dirigé se connaissent mieux, les liens d’une véritable amitié spirituelle et humaine deviennent plus forts. Et cette amitié durera jusqu’à la mort de M. Duclaux en 1827. » (*)

    Personne n’aime laisser quelqu’un empiéter sur ses plates-bandes. Tous les « curés locaux » ne sont pas tous des P. Honorat invitant chaleureusement les missionnaires à prêcher chez eux une retraite de première communion.

    Les activités grandissantes du petit groupe de missionnaires commencent même à porter ombrage à plusieurs. Situation inconfortable s’il en est et qu’Eugène n’hésite pas à confier à ses deux amis.

    Dans sa lettre de 1816 à Forbin Janson on apprend la lutte à soutenir pour se « défendre contre la jalousie et toutes les autres petites passions qui agitent certains prêtres » mais aussi le réconfort bien humain d’ailleurs de constater que « l’opinion publique en a fait une justice assez mortifiante pour eux. »

    Le 21 avril 1817, à M. Duclaux il fait part de sa tristesse devant « les persécutions continuelles» contre sa petite communauté « n’ayant [pourtant] en vue que le bien ».
    « Je fais semblant d’ignorer leurs sourdes menées, écrit-il encore, et à proprement parler je ne me défends que par ma bonne contenance, et la continuation de tout ce que le bon Dieu veut que je fasse malgré eux. » Voici une attitude pleine de noblesse qui doit cependant demander un certain effort de la part du Méridional au franc parler que nous avons appris à connaître.

    On y retrouve aussi la joie du Fondateur devant les effets visibles de la mission qui lui font écrire : « Nous avons cru reconnaître que le Seigneur nous protège, aux bénédictions très abondantes qu’il répand sur ce que nous entreprenons pour sa gloire. »

    Pour terminer, cette petite phrase toute simple de Mère Teresa : « Si le travail qui vous a été confié est vraiment vôtre, alors vous devez le faire de tout votre cœur. » (**)

    http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=6&vol=1&let=D&ID=183
    http://www.djp.ch/dqp/citations-mere-teresa.html

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