LA GRÂCE DE DIEU AIDANT, LA VIE ET LE MINISTÈRE DU PETIT GROUPE COMMENCE À PRENDRE UNE FORME PLUS PRÉCISE

Leflon nous dit que le 13 mai 1816, « Mme Gontier avait abandonné au P. de Mazenod la jouissance de toute la maison des Carmélites contre une indemnité pécuniaire, car son pensionnat végétait. » (Volume II, p.51).

Le fait d’avoir plus d’espace donna aux Missionnaires la chance d’améliorer leurs quartiers d’habitation et de devenir mieux organisés. Une lettre d’Eugène à son père donne une indication des soucis qu’il avait, et de la force qui lui venait de sa conviction que c’était la grâce de Dieu qui rendait tout cela possible:

……Pour vous parler de nous, il faudrait avoir plus de temps que je n’en ai, car il y en aurait long à vous dire. Je crois qu’il faudra que j’en renvoie les détails à notre première entrevue. Dans un clin d’œil former un établissement, en voir les éléments se réunir malgré les obstacles qui paraissaient insurmontables à la sagesse humaine, rencontrer des hommes dévoués à l’œuvre de Dieu, quoique mille raisons, bonnes en apparence, dussent les en détourner; ces hommes, dont je suis le plus âgé, produisent des fruits de salut qui ont obligé la calomnie de se taire tant ils ont été surprenants, et tout cela avant qu’on se fût persuadé que le projet, à peine ébruité, fût réel: ce sont des prodiges dont nous sommes les témoins et les instruments.

Lettre à C.A. de Mazenod, le 1 mai 1816, E.O. XIII n.3

Quelques remarques sur ce texte.

– « notre première entrevue » : le Président de Mazenod était encore en exil à Palerme, et Eugène essayait par tous les moyens disponibles de lui rendre possible un retour en France.

– « dont je suis le plus âgé » ; Emmanuel Maunier et Pierre Mie étaient plus âgés qu’Eugène de plus de treize ans, et donc, ce dernier s’en remet probablement au fait qu’il est le plus âgé en tant que supérieur de la communauté.

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Une réponse à LA GRÂCE DE DIEU AIDANT, LA VIE ET LE MINISTÈRE DU PETIT GROUPE COMMENCE À PRENDRE UNE FORME PLUS PRÉCISE

  1. Denyse Mostert dit :

    Il faudra attendre dix ans avant que « La petite Société [reçoive] l’approbation de Léon XII le 17 février 1826 et [devienne] alors la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. » (*) C’est donc dire qu’Eugène de Mazenod et ses premiers compagnons ont eu besoin de beaucoup de patience mais aussi qu’ils ont eu le temps de reconnaître dans les fruits de l’œuvre commune une réponse aux besoins des Provençaux.

    Au mois de mai 1816, Eugène fait part à son père des obstacles que les premiers missionnaires doivent surmonter. Tout un défi à la sagesse humaine, mais que Dieu se plait à bénir !

    On sait que ce « clin d’œil, [pour[ former un établissement » et découvrir « des hommes dévoués à l’œuvre de Dieu » n’a pas été chose facile. En 1816, une lettre du Fondateur au P. Forbin-Janson donne une idée des efforts déployés pour asseoir la petite société sur des bases solides. « La maison est achetée depuis longtemps; l’église, louée et en partie réparée; tout le matériel est prêt… » (**)

    Le recrutement non plus n’est pas évident. Eugène de Mazenod multiplie demandes et rencontres. Avec toujours cette fougue de la foi que rien ne semble atteindre. Témoins, ces mots à Henri Tempier, en décembre 1815. « Mon cher ami, lisez cette lettre au pied de votre crucifix, dans la disposition de n’écouter que Dieu…Humiliez-vous tant qu’il vous plaira…Je vous dis, sans entrer dans de plus grands détails, que vous êtes nécessaire pour l’œuvre que le Seigneur nous a inspiré d’entreprendre. Je vous parle devant Dieu et à cœur ouvert. » (***)

    Mais les résultats sont là, probants au-delà de toute logique. On devine le bonheur de Charles-Eugène de Mazenod devant ce résumé succinct mais significatif.

    Croire, aimer, oser, persévérer… Voici bien l’essentiel de la vie d’Eugène de Mazenod. La foi et l’amour de Jésus Christ si vivement perçus un Vendredi Saint ont allumé en lui le désir jamais éteint d’apporter aux plus malheureux l’Espérance dont ils ont tellement besoin.

    Une mission que nous avons choisi de vivre à sa suite, forts de la promesse faite à Marie que « rien n’est impossible à Dieu ». (Lc 1.37)

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