LES MISSIONS PAROISSIALES : LE BESOIN DE DISCERNER ET DE PRÉPARER EN PROFONDEUR DES APPROCHES NOUVELLES ET CRÉATIVES POUR L’ÉVANGÉLISATION

La procession de pénitence était un des évènements les plus spectaculaires qui avait lieu à chaque mission. Elle se concentrait d’une manière directe et tangible sur les effets de la Croix du Christ Sauveur, qui enlève le fardeau du péché. Dans le Journal de la mission à Marignane, Eugène montre comment n’importe quelle innovation des missionnaires nécessitaient de leur part réflexion et discernement, et il insiste sur l’importance de préparer les gens à comprendre et à recevoir ce geste :

On a commencé vêpres à deux heures. Après vêpres, le sermon sur le délai de la conversion.
Après le sermon, le Supérieur est monté en chaire pour donner les avis sur la procession de pénitence qu’on allait faire. Ces avis, qui ont eu également lieu dans les autres missions que nous avons faites, étaient d’autant plus nécessaires aujourd’hui qu’il fallait prévenir les fidèles sur un spectacle extraordinaire qui allait frapper leurs yeux.
Ce n’est qu’après les plus mûres réflexions, après avoir consulté Dieu et considéré les avantages et les inconvénients de la démarche qu’on allait faire, qu’on s’y est déterminé, et le résultat heureux qu’on a obtenu a prouvé que l’inspiration qu’on avait de la tenter venait de Dieu, comme on avait cru le reconnaître d’avance.

Journal de la mission à Marignane, le 24 novembre 1816, E.O. XVI

 

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Une réponse à LES MISSIONS PAROISSIALES : LE BESOIN DE DISCERNER ET DE PRÉPARER EN PROFONDEUR DES APPROCHES NOUVELLES ET CRÉATIVES POUR L’ÉVANGÉLISATION

  1. Denyse Mostert dit :

    Quel est donc le « spectacle extraordinaire » qui demande à Eugène de Mazenod « les plus mûres réflexions, après avoir consulté Dieu et considéré les avantages et les inconvénients de la démarche qu’[il] allait faire » ?

    Sage précaution en effet de prévenir les Provençaux quand on sait l’audace du « détail nouveau [apporté] à la procession de pénitence traditionnelle en Provence » ! (*)

    « Il s’offre en victime à la justice de Dieu », écrit Roger Etchegaray dans sa biographie du P. de Mazenod. « Une grosse corde nouée autour du cou, pieds nus, il porte la croix des pénitents à la tête de la procession, parcourt les rues du bourg, revient à l’église, remet la croix à un acolyte, se prosterne au pied de l’autel, la face contre terre… » et cela « jusqu’à la fin de la bénédiction du Saint Sacrement ». (*)

    Et le geste prophétique du prêtre s’offrant en victime propitiatoire touche profondément les cœurs de tous ceux-là pour qui la religion est restée lettre morte depuis tant d’années !

    Cette attitude aurait probablement moins d’impact aujourd’hui alors que nous sommes assaillis par tant de manifestations et spectacles tous plus surprenants les uns que les autres.

    Le geste prophétique garde néanmoins sa place dans le monde moderne. Il va se manifester de mille et une façons, toujours dans le sens d’un mieux-être qui va permettre aux personnes souffrantes de 2011 de réaliser leur importance, et qu’elles ne sont pas seules… Peut-être alors à travers l’intérêt sincère que nous leur portons, vont-ils voir en filigrane le Sauveur dont nous nous efforçons d’être les témoins crédibles.

    (*) Petite vie de Eugène de Mazenod – Cardinal Roger Etchegaray

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