Jean Antoine Bernard, 24 ans, terminait sa formation oblate à Billens et avait été ordonné prêtre 5 mois plus tôt. Il semble qu’on lui ait demandé d’exercer un ministère et qu’il ait exprimé ses réserves à son supérieur local. Il semble que le supérieur local, le père Mille, lui-même jeune et inexpérimenté, ne savait pas comment gérer quelqu’un qui ne lui donnait pas «une obéissance aveugle». Eugene répondit:
Les observations du p. Bernard ne m’ont pas paru déplacées si elles n’ont pas dépassé les bornes tracées dans votre lettre. Rien de plus juste que de faire connaître son attrait, mais aussi, il est dans l’ordre qu’on s’en rapporte à la sagesse et aux lumières que le bon Dieu donne aux supérieurs.
Ce serait un grand désordre de nourrir un amour tellement exclusif pour une partie du ministère, qu’on ne pût en être détourné, même momentanément, sans en être troublé.
À Jean Baptiste Mille, 30 mai 1832, EO VIII n 423
Eugène soulève la question du discernement de la volonté de Dieu dans le ministère: l’importance de l’interaction entre les désirs personnels de l’individu et la vision globale de la situation que détient le responsable de la communauté. Le discernement ne signifie pas l’obéissance aveugle – mais plutôt contempler ensemble toutes les solutions à la lumière de la Parole de Dieu.
Jean-Antoine Bernard, est ordonné prêtre depuis 5 mois. On peut penser au zèle du nouveau prêtre qui veut réussir sa mission. En 1831, il demande à son supérieur, le P. Mille de reconsidérer le ministère qui lui a été confié. Le Dictionnaire des Valeurs Oblates ne mentionne aucune acrimonie dans tout ceci, le problème viendrait plutôt de l’inexpérience du jeune supérieur de Billens qui ne sait trop quelle suite donner à un désir qui lui semble dépourvu de « l’obéissance aveugle » demandée aux Oblats.
Eugène écrira au P. Mille : « Rien de plus juste que de faire connaître son attrait, mais aussi, il est dans l’ordre qu’on s’en rapporte à la sagesse et aux lumières que le bon Dieu donne aux supérieurs. »
Si on s’en tient aux événements, l’affaire se termine plutôt bien.« À la fin de juin et au début de juillet 1837, Mgr de Mazenod et le père Tempier vont à Billens, décident de fermer cette maison et de la mettre en vente. Le père Bernard arrive à Marseille au début du mois d’août. Il n’est plus jamais question chez lui de crise de vocation. » (*) La situation du P. Bernard va se dénouer en faisant appel au bon sens du fondateur qui doit guider aussi ceux qui ont charge d’âme.
Et nous Associés ? Que faire d’autre que de nous appuyer aussi sur l’ordre requis pour une vie harmonieuse avec ceux qui travaillent avec nous ? C’est en effet la seule façon de vivre ce charisme oblat auquel nous nous sommes engagés.
On peut aussi affirmer que cette discipline est demandée à tous les chrétiens et en fait à l’humanité tout entière. Je pense ici à la devise belge : « l’union fait la force ». Rien de plus vrai dans tous les domaines ! !
(*)https://www.omiworld.org/fr/lemma/bernard-jean