LEURS PERSONNES NE SAURAIENT EBRANLER MES PRINCIPES QUI TIENNENT BEAUCOUP A LA FOI DU CHARBONNIER

Eugène écrit à une personnalité publique qui ne partageait pas les mêmes idées religieuses que lui:

Je suis fâché que l’indiscrétion de quelques-uns de nos missionnaires ait pu vous faire penser que j’étais du nombre de vos plus ardents adversaires pris dans les rangs de vos frères.
Je ne suis très certainement l’adversaire d’aucun de mes frères. Il en est, j’en conviens, dont je ne partage par les opinions politiques, mais que je révère d’ailleurs du fond de mon cœur et dont je défends l’honneur avec tout autant de zèle, et peut-être plus de succès, que les plus grands partisans de leurs systèmes. Je ne cache pas, néanmoins, que mon respect et mon attachement pour leurs personnes ne sauraient ébranler mes principes qui tiennent beaucoup à la foi du charbonnier, car ils vont jusqu’à me faire considérer l’autorité du chef de l’Église comme ma règle et celle des miens, indépendamment de toute décision doctrinale, de tout décret solennel ex cathedra, etc… Il est possible que ce soit là être trop catholique par le temps qui court, mais je ne m’inquiète pas de ce que l’on en peut dire ou penser.

Lettre au Comte de Montalembert, le 24 octobre 1831, EO XIII n 78

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Une réponse à LEURS PERSONNES NE SAURAIENT EBRANLER MES PRINCIPES QUI TIENNENT BEAUCOUP A LA FOI DU CHARBONNIER

  1. Denyse Mostert dit :

    J’ai voulu en connaître un peu plus sur cette « personnalité publique qui ne partageait pas les mêmes idées religieuses que le fpndateur ». Le Comte de Montalembert, né en 1810, attend avec impatience depuis son adolescence de s’engager pour défendre la liberté civile et la liberté de l’Église catholique. Ses contributions au journal l’Avenir concernent principalement la liberté d’enseignement et la défense des droits des peuples opprimés. Lors de l’échec de l’Avenir , le 30 décembre 1831, Lacordaire, Lamennais et Montalembert, les « pèlerins de la liberté », se rendent donc à Rome. D’abord confiants, ils déchantent vite face à l’accueil réservé qui leur est accordé. Le 15 août 1832, le pape Grégoire XVI, sans les nommer, condamne leurs idées libérales… (*)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Montalembert

    Voici donc le correspondant à qui, le 24 octobre 1831 Eugène adresse des mots qui ne laissent aucun ombre sur ses propres opinions. «Je ne suis très certainement l’adversaire d’aucun de mes frères ». Au contraire, précise-t-il, Il en est « dont je défends l’honneur avec tout autant de zèle, et peut-être plus de succès, que les plus grands partisans de leurs systèmes ». Et de professer une « foi de charbonnier » qui lui fait prioriser « l’autorité du chef de l’Église comme [sa] règle et celle des [siens]».

    Quand on sait la signification de cette expression, on voit mal Eugène adhérer aux préceptes de l’Église sans en avoir pris au préalable connaissance. C’est en connaissance de cause qu’il décide de sa ligne de conduite, ayant pris le temps de consulter sa conscience. Après cela, vient la « sainte indifférence » en ce qui concerne les réactions qui s’ensuivront.

    Ce qu’il convient de nous rappeler lors de divergences de vue. Il convient de voir et de juger… avant de décider de la conduite à tenir. Une fois prise, il reste à l’exprimer avec le plus de clarté possible et de porter dans la prière les conséquences qui pourraient en résulter.

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