L’achat de la grande maison de Billens en Suisse a été conclu.
Eugène, pour s’assurer de la protection des jeunes membres de sa communauté Oblate, invoque la protection de plusieurs saints auxquels il s’était associé.
C’est aujourd’hui que j’entre en possession de Billens; j’y suis allé avant-hier avec ma mère qui y est restée pour disposer mille choses. Je voudrais qu’on pût s’y établir le 15, jour de sainte Thérèse et de saint Cannât. Ayant passé le contrat le jour de saint Défendant, patron ou du moins saint du diocèse de Marseille, je serais bien aise d’entrer dans la maison le jour où on célébrera la fête d’un autre patron de Marseille. Il y a beaucoup de choses à faire, mais, pour le coup, on couchera sur des paillasses; les bois de lit de sapin ne me coûtent que dix francs; ils sont petits, mais très jolis….
Lettre à Henri Tempier, le 10 octobre 1830, EO VII n 365
Rey, d’autre part, décrit les précautions qu’Eugène prend en France pour assurer la protection de ses jeunes religieux :
Avant d’avoir signé le contrat d’achat, le P. de Mazenod, secondé par le P. Tempier, avait réglé le nombre des scolastiques qui devaient quitter Marseille et venir à Fribourg: le Supérieur du Grand Séminaire leur offrait une généreuse hospitalité en attendant que l’appropriation du château de Billens fut terminée, La première bande quitta Marseille le 8 septembre, jour de la Nativité de la Très Sainte Vierge, Deux autres la suivirent à deux jours d’intervalle. Tous passèrent à N.-D. du Laus où le P. Guibert les attendait et se rendirent par des voies différentes à leur destination. La prudence exigeait des précautions afin de ne pas attirer l’attention des villes que les voyageurs avaient à traverser.… Ce fut un moment de bonheur bien profond pour le P. de Mazenod lorsqu’il se vit entouré des quatorze jeunes scolastiques qui représentaient l’avenir de sa famille religieuse. REY I p. 493
La prudence, dit-on, est la mère de l’assurance. C’est à Fribourg qu’Eugène apprend les événements de la Révolution de juillet dont il craint qu’elle soit aussi anticléricale que celle de 1789. Inquiet de la sécurité des jeunes religieux demeurés en France, il va prendre les mesures qui s’imposent. Le château de Billens semble l’endroit idéal pour les accueillir. En attendant la signature imminente des actes d’achat, le Supérieur du Grand Séminaire leur offre l’hospitalité.
Dans sa letre du 10 octobre 1830 à Henri Tempier, le fondateur mentionne sainte Thérèse, saint Cannât et saint Défendant. La grande Thérèse étant connue, j’ai le goùt d’en savoir un peu plus sur les deux autres. J’apprends que « Canus Natus » a vécu au 5ième siècle et qu’il devint évêque de Marseille (*) Le 10 0ctobre,Eugène fait aussi mention de saint Défendant, « patron ou du moins saint du diocèse de Marseille » écrit-il. (**) Bien que succinctes, ces informations répondent tout de même un peu à ma curiosité.
Par ailleurs, le biographe Rey décrit amplement les précautions nécessitées par la gravité de la situation politique. Il importe de faire sortir les jeunes Oblats de France.
« La première bande quitta Marseille le 8 septembre, jour de la Nativité de la Très Sainte Vierge, Deux autres la suivirent à deux jours d’intervalle. Tous passèrent à N.-D. du Laus où le P. Guibert les attendait et se rendirent par des voies différentes à leur destination. La prudence exigeait des précautions afin de ne pas attirer l’attention des villes que les voyageurs avaient à traverser. » Mais aussi que de bonheur pour le P de Mazenod en se retrouvant « entouré des quatorze jeunes scolastiques qui représentaient l’avenir de sa famille religieuse. » (Rey I p. 493)
Si besoin en était, on trouverait ici la confirmation que la confiance en Dieu doit s’appuyer sur le concours des siens.
(*) http://www.provence7.com/portails/religion/celebrites-religieuses-en-provence/saints-et-saintes/
(**)http://www.omiworld.org/en/ecrits/983/au-p-tempier-marseille-sup-1-sup/