JE ME VOIS PRENDRE UNE RÉSOLUTION DES PLUS SÉRIEUSES COMME PAR UNE FORTE SECOUSSE ÉTRANGÈRE

Avec la chute définitive de Napoléon, la voie était maintenant dégagée pour Eugène ; il pouvait désormais mettre en pratique son rêve d’établir une communauté missionnaire pour travailler à la restauration de la place de Dieu dans la vie de ceux qui sont les plus abandonnés. Eugène voit une force surnaturelle derrière lui, qui le pousse finalement à prendre la décision d’aller de l’avant avec son projet. C’est la deuxième fois, dit-il, qu’il est poussé par une force extérieure à lui-même pour agir – la première aurait été sa décision de changer radicalement son style de vie à Aix et d’entrer au séminaire pour devenir prêtre.

Maintenant, je te demande et je me demande à moi-même comment, moi, qui jusqu’à ce moment n’avais pu me déterminer à prendre un parti sur cet objet, tout à coup je me trouve avoir mis en train cette machine, m’être engagé à sacrifier mon repos et hasarder ma fortune pour faire un établissement dont je sentais tout le prix, mais pour lequel je n’avais qu’un attrait combattu par d’autres vues diamétralement opposées! C’est un problème pour moi et c’est la seconde fois en ma vie que je me vois prendre une résolution des plus sérieuses comme par une forte secousse étrangère. Quand j’y réfléchis, je me persuade que Dieu se plaît ainsi à mettre une fin à mes irrésolutions.

Lettre à Forbin Janson, le 23 octobre 1815, E.O. VI n.5

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