DÉVELOPPER L’HABITUDE DE SE METTRE TRÈS SOUVENT EN PRÉSENCE DU SAUVEUR

Si nous égalisons vivre dans la conscience de la présence de Dieu avec vivre dans la conscience de la présence du Sauveur crucifié, nous touchons à la clef de voûte de la spiritualité d’Eugène. Le premier est un précepte général de spiritualité; le second est la compréhension particulière d’Eugène concernant la présence de son Bien-Aimé.

Il serait à souhaiter que j’eusse sans cesse auprès de moi un ami fidèle qui me rappellera mon bien-aimé à l’instant où les occupations me le font perdre de vue. A défaut de cet ami, je me servirai d’autres moyens, ce sera, par exemple, d’élever mon cœur à Dieu toutes les fois que l’horloge sonne, qu’on frappe à la porte, qu’une voiture passe, etc. Cet usage m’étant déjà familier, je n’ai qu’à continuer.
Un autre moyen pour s’habituer à se mettre très souvent en la présence du Seigneur, est celui usité par le bon et respectable M. Emery, il avait une petite boîte remplie de petits pois, et chaque fois qu’il pensait à Dieu, il passait un de ces pois dans une autre boîte : il faisait ensuite tous les soirs la récapitulation du nombre de fois qu’il s’était uni à Dieu dans la journée, il comparait à celui de la veille, et s’il n’y avait pas pensé au moins tous les quarts d’heures, il s’imposait une pénitence. Voilà ce que faisait ce vénérable vieillard au milieu de ses innombrables occupations.

Règle tirée de ma retraite à Aix, décembre 1812, EO XV n. 109

Un exemple de certaines actions très simples pour nous aider à devenir plus conscients de la présence du Sauveur. Le frère Laurence dont la sagesse fut transmise dans un livret,  “La Pratique de la Présence de Dieu” rejoint le cœur de la question:

“Les gens inventent des moyens et des méthodes pour parvenir à l’amour de Dieu, ils apprennent des règles et emploient des moyens pour leur rappeler cet Amour, et il semble être un monde de trouble que de parvenir à cette conscience de la présence de Dieu. Et pourtant ce pourrait être si simple. N’est-ce pas plus rapide et plus facile de faire juste notre travail quotidien entièrement pour son amour?”   Frère Laurence

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Une réponse à DÉVELOPPER L’HABITUDE DE SE METTRE TRÈS SOUVENT EN PRÉSENCE DU SAUVEUR

  1. Denyse Mostert dit :

    Eh bien, je reconnais ici le futur saint Eugène qui voulait vivre le « tout-pour-Dieu », où chaque action devait être faite pour lui et en toute connaissance de cause !

    Subitement, je pense à ces paroles du fondateur mourant : « Si je m’endors, réveillez-moi. Je veux mourir en sachant que je meurs… » Du texte de ce matin, écrit à Aix en 1822 à sa mort en 1861, on peut voir que, ses qualités intrinsèques, Eugène les a conservées toute sa vie. Le fondateur aime son Dieu. Il l’aime en toute sincérité avec ce qu’il est et les différentes façons que son âge – et son époque – lui inspirent.

    L’ami attaché à ses pas pour lui rappeler l’heure, le son d’une horloge ou encore la curieuse comptabilité de petits pois de M. Emery peuvent bien nous faire sourire.
    Mais sourire – juste un peu. Car il ne me faut pas retourner bien loin dans le passé où notre sainte maîtresse d’école nous faisait tracer trois colonnes dans laquelle nous avions à noter nos péchés du jour : mortels, véniels ou d’autres pensées qu’on ne pouvait classer avec rigueur. Ce n’étaient pas à proprement parler des exercices de rencontre comme Eugène l’entendait mais au fond, n’était-ce pas devant Dieu que nous étions supposés noter nos manquements ? Plus proche ce signe de croix et ce moment d’arrêt chaque fois qu’on passait devant l’église du village, ou encore cette solennité du cimetière qui nous faisait garder le silence dans les environs.

    Finalement, « des dévotions et des moyens » on ne discute pas ! Que ma pensée monte vers le Seigneur au cours d’une célébration, en plein magasinage, seule dans mon salon, ou dérangée par une visite impromptue n’a, d’après moi, que peu ou point d’importance… Dieu est avec moi, je ressens sa présence au milieu d’une rêverie ou d’un travail tout ce qu’il y a de routinier. Il m’arrive souvent de me demander par quel chemin je suis arrivée à chanter le Salve Regina ou encore ce qui a amené une parole de l’Évangile à s’imposer à mon esprit. Sans le savoir, je pratiquais la ‘’méthode’’ du frère Laurence, qui n’a en fait rien d’une méthode puisqu’il s’agit juste de vivre notre quotidien par amour !

    Sans toutefois discréditer les exercices religieux ou encore les rythmes de vie bien établis par certains. Chacun à sa manière et Dieu est là pour tous, attentif au moindre désir de le rencontrer.

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