LA SOLIDARITÉ ET LA STABILITÉ POURVUES PAR LA SOLICITUDE

 

Le Père Victor-Antoine Arnoux, âgé de 24 ans, était mourant à Aix, à peine deux ans après son ordination sacerdotale.

Nous voilà donc menacés d’un autre malheur, nous perdrons cet angélique p. Arnoux. Pourquoi avez-vous consenti qu’on l’envoyât à Fuveau? Qu’espérez-vous de ce changement? …Je n’aime pas que nos malades, surtout lorsqu’ils sont mûrs pour le ciel, sortent de nos maisons au risque de mourir sans être assistés par leurs frères. Si vous êtes à temps, faites changer cette résolution; elle n’est pas de mon goût; ou plutôt elle n’est pas convenable.

Lettre à  Henri Tempier, le 24 juin  1828, EO VII n 304

Le modèle de la communauté pour Eugène  était celui de Jésus et des apôtres. L’esprit dans cette communauté devait être celle d’une famille, prenant soin de chacun en tout temps, spécialement durant la maladie et la mort. En ces temps, il voulait que celui qui souffrait puisse être entouré de solidarité, d’amour et de soin de ses frères, et du support spiritual.

Puissions-nous toujours prendre conscience comment il est important d’apporter notre support et notre solidarité à ceux qui nous entourent et qui ont besoin de notre présence.

 

“Il n’y a aucune stabilité dans la solidarité et aucune solidarité sans la stabilité.”            Jose Manuel Barroso

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One Response to LA SOLIDARITÉ ET LA STABILITÉ POURVUES PAR LA SOLICITUDE

  1. Denyse Mostert says:

    Lettre à Henri Tempier, le 24 juin 1828

    Ordonné prêtre depuis deux ans, Victor-Antoine Arnoux est malade. Avec les meilleures intentions du monde, on l’envoie pendant quelque temps à Fuveau, où l’air est plus sain. Comme à chaque décès d’un de ses fils, Eugène est dans la peine. « Nous voilà donc menacés d’un autre malheur, nous perdrons cet angélique p. Arnoux », écrit-il au P. Tempier.

    Angélique ! Le mot n’est pas de trop si on s’en tient au témoignage du P. Hyppolite Courtès à son sujet. « On lui confia la direction des novices et il les rendit fervents; on l’envoie évangéliser les peuples des campagnes, et les pécheurs se convertissent à sa voix. S’il parle dans une maison d’éducation, la jeunesse l’écoute attentive, respectueuse, édifiée, persuadée qu’elle entend, qu’elle voit un saint. Au collège d’Aix, où il est chargé particulièrement de la confession des enfants qui n’ont pas encore fait la première communion, il s’attire le respect des élèves et des maîtres, et le chef de l’établissement, M. Marius Tupin, témoigne de la plus vraie satisfaction au supérieur de la Mission du choix d’un collaborateur qui est un ange de piété et de douceur. Dans les hôpitaux, nul malade ne résiste à l’onction de sa parole…» (*)

    Le Fondateur s’oppose vivement au transfert du P. Arnoux. Il tance vertement le P. Tempier « Pourquoi avez-vous consenti qu’on l’envoyât à Fuveau? Qu’espérez-vous de ce changement? …Je n’aime pas que nos malades, surtout lorsqu’ils sont mûrs pour le ciel, sortent de nos maisons au risque de mourir sans être assistés par leurs frères. » Toujours cette communauté-famille à laquelle Eugène est si attaché !

    En fin de compte, le jeune prêtre reviendra « mourir à Aix le 13 juillet 1828, en présence de sa mère et de toute la communauté réunie autour de lui pour réciter le chapelet.

    Une scène qui me ramène droit à mon adolescence où mes arrière-grand-mère et grand-mère sont mortes à la maison à quelque temps d’intervalle. Pour plus de commodité, on avait descendu le lit au rez-de-chaussée. L’une comme l’autre ont quitté cette vie entourées de toute la famille. Les derniers mots de mon arrière-grand-mère ont été pour demander qu’on prenne soin du fils qui était demeuré auprès d’elle sa vie durant. Ma grand-mère, quant à elle, a expiré avec, sur les lèvres, un Ave Maria. Tristesses poignantes qui nous ont cependant rassérénés. Elles étaient parties dans la paix et dans l’affection des leurs.

    Plus fort que moi ! Je ne peux m’empêcher de penser à toutes nos institutions « spécialisées » qui accueillent des gens en fin de vie. Bien sûr, tous les traitements médicaux ne peuvent s’appliquer à domicile. L’hébergement est devenu la solution la plus répandue de nos jours. Mais là encore l’amour a plus que jamais sa place. Je l’ai vécu au cours des derniers mois de mon mari. La petite chambre qui aurait pu habiter tant de désespérance était devenue le lieu où on se retrouvait régulièrement. Pour se raconter les événements du jour, se confier l’un à l’autre, faire les bilans qui s’imposaient, parfois pleurer ensemble et terminer le tout par des actes de foi.
    Une histoire toute simple chargée de souvenirs impérissables !

    (*) http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_a/38/arnoux-victor-antoine/

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