S’IL Y A UNE NOUVELLE PERSÉCUTION EN RÉSERVE POUR NOUS

En 1828, il devenait évident que le gouvernement français commençait  à contrecarrer le pouvoir de l’Église, à partir des décrets  contre les Jésuites et les petits séminaires. Eugène vit en cela la possibilité d’une nouvelle persécution religieuse – durant laquelle il espérait que les prêtres et les religieux demeureraient fidèles au milieu de beaucoup de personnes qui déserteraient l’Église.

Si la colère divine nous réserve une nouvelle persécution , je pense que ceux qui s’y seront préparés dans le secret de la maison de Dieu, et qui auront imité les Apôtres dans leur dévouement ne seront pas les moins fidèles, et nous consoleront de la défection d’un grand nombre à laquelle il faut s’attendre

Lettre à l’Évêque Miollis de Digne, le 10 mars 1828, EO XIII n. 65

Yvon Beaudoin décrit la situation de l’opposition grandissante du gouvernement à la protection de l’Église et de la religion par le roi:

Les Mazenod mentionnent souvent le roi dans leur correspondance et leur intense opposition aux décrets de 1828 : qu’à partir du 21 avril , les évêques seront privés de la surveillance et de la direction des grandes écoles et qu’à partir du 16 juin pour les écoles secondaires, les religieux ne pourront plus y enseigner, que le nombre d’étudiants dans les petits séminaires sera limité et sera une règle qui est en conflit avec les droits des Évêques. Concernant  ce problème, Jean Leflon écrit que cette poussée libérale n’inquiéta pas moins Mgr Fortuné de Mazenod. et à un degré non moindre le maire de Marseille et le Préfet des Bouches-du-Rhône et, nous devons l’ajouter, à son neveu Eugène. “La campagne lancée contre l’Église  lui paraissait, comme à eux, viser indirectement le trône.. Son devoir d’évêque lui imposait de défendre la première;  et  ses convictions intimes l’engageaient tout autant, pour sauver celle-ci, à soutenir la monarchie légitime, sans laquelle ne pouvait subsister la religion en France. Il ne faillira pas à cette tâche et, avec une ardeur juvénile, se lancera en 1828 dans la bataille des Ordonnances, qui mettaient en cause, sur le terrain scolaire, les positions requises par le clergé depuis 1814.” (LEFLON, Jean, Eugène de Mazenod, vol. II, librairie Plon, Paris, 1960, p. 305)

Beaudoin, “Restauration” dans  le Dictionnaire historique Oblat Dictionary,http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=5&vol=1&let=R&ID=933

 

“Une fois que vous tentez une législation sur des fondements religieux, vous ouvrez la route pour toute sorte d’intolérance et de persécution religieuse.”   William Butler Yeats

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One Response to S’IL Y A UNE NOUVELLE PERSÉCUTION EN RÉSERVE POUR NOUS

  1. Denyse Mostert says:

    « Par «Restauration» on entend la période de l’histoire de France qui suit l’empire de Napoléon, au cours de laquelle ont régné de nouveau les Bourbons de 1814 à 1830 : Louis XVIII (1765-1824) et Charles X (1757-1836). (*)

    Si les Mazenod célèbrent ce retour avec joie, les problèmes n’en sont pas pour autant terminés. En 1828, l’ingérence du gouvernement dans les affaires des Jésuites et des petits séminaires devient évidente. On retire aux évêques la direction des grandes écoles et bientôt celle des écoles secondaires. Interdiction sera faite aux religieux d’y enseigner et le nombre d’étudiants sera limité.

    Assez pour éveiller des craintes chez Eugène de Mazenod et lui faire écrire à l’Évêque de Digne: « Si la colère divine nous réserve une nouvelle persécution, je pense que ceux qui s’y seront préparés dans le secret de la maison de Dieu, et qui auront imité les Apôtres dans leur dévouement ne seront pas les moins fidèles, et nous consoleront de la défection d’un grand nombre à laquelle il faut s’attendre »

    On peut comprendre que le pessimisme soit présent après les situations encore toutes récentes des années de Révolution. Par contre, je comprends mal qu’Eugène impute tout cela à la « colère divine ». Cette expression, toute biblique qu’elle soit, ne semble avoir aucun rapport avec la miséricorde que les missionnaires oblats prêchent sans désemparer.

    Mais non, Eugène ne désespère pas du secours divin ! Il évoque au contraire « ceux qui s’y seront préparés dans le secret de la maison de Dieu, et qui auront imité les Apôtres dans leur dévouement… » Ceux-là, écrit-il encore, nous consoleront de la défection d’un grand nombre à laquelle il faut s’attendre »

    La meilleure manière d’aborder une situation menaçante n’est-elle pas d’en prendre vraiment conscience en même temps que des moyens à notre disposition pour en triompher.

    (*) http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_r/424/restauration/

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