CEUX QUI TENDENT UNE MAIN CHAUDE ET TENDRE

Nous saisisons un éclair momentané dans l’affectivité d’Eugène affairé au milieu de ses nombreuses préoccupations: son besoin d’exprimer son attachement et sa joie en étant capable de partager plus profondément avec certains de ses fils Oblats. Cet aspect de toute la vie et du caractère d’Eugène était reflété dans sa dévotion à Lazare, l’ami de Jésus, avec qui Jésus passa du temps selon l’Évangile.

Je m’expliquerai ensuite de vive voix, lorsque j’aurai le plaisir de te voir à Aix. Tu sais avec quel abandon j’aime à m’entretenir avec ceux de mes enfants qui, comme toi, méritent toute ma confiance et dont l’attachement, soit pour moi soit pour la Société, m’est connu…
Je t’embrasse de bien bon cœur et je te recommande de vite guérir. Adieu.

Lettre à  Marius Suzanne, le 9 Mai 1827. EO VII n 270

 

“Quand nous nous demandons honnêtement quelle personne dans nos vies nous tient le plus à cœur, nous trouvons souvent que ce sont ceux qui, au lieu de nous donner des conseils. des solutions ou des remèdes, ont choisi plutôt de partager notre peine et de toucher nos blessures avec une main chaude et tendre. »     Henri Nouwen

This entry was posted in LETTRES and tagged , . Bookmark the permalink.

One Response to CEUX QUI TENDENT UNE MAIN CHAUDE ET TENDRE

  1. Denyse Mostert says:

    (Lettre à Marius Suzanne, le 9 Mai 1827)

    Le P. Suzanne a l’étoffe d’un bon missionnaire. Tout en reconnaissant « le ton monotone de ses discours », on trouve « dans son langage, dans ses actions, dans toute sa personne, quelque chose de si attirant, que l’on vient à lui avec une parfaite confiance». (*) Comment Eugène aurait-il pu rester insensible au charisme du jeune Oblat ?

    Et surtout comment l’amitié entre les deux hommes a-t-elle pu survivre en dépit d’événements ’’en dents de scie’’ survenus dans leur vie? Qu’on se souvienne de la nomination de Marius Suzanne comme supérieur de la maison de Marseille et comment, en 1827, constatant que la ferveur et la discipline de la communauté laissaient à désirer, Eugène de Mazenod le relève de ses fonctions. Combien de moments pénibles pour le missionnaire combattant déjà la maladie qui devait l’emporter ! Quel combat aussi pour le Fondateur à qui son devoir commandait de blesser ainsi ce compagnon qu’il chérissait ! Pourtant, parce qu’elle était authentique, leur amitié a eu le dernier mot.

    « L’histoire de Lazare ressuscité par son ami Jésus a, dit-on, inspiré la légende de Lazare, évêque d’Aix, mort à Marseille le 31 août 441. » N’est-il pas plausible que le Fondateur ait voué une dévotion spéciale à cet ami que Jésus prenait plaisir à rencontrer ?

    « Je m’expliquerai ensuite de vive voix, lorsque j’aurai le plaisir de te voir à Aix » termine Eugène dans sa lettre à Marius Suzanne… Le dernier mot appartient à l’amitié : «Je t’embrasse de bien bon cœur et je te recommande de vite guérir. Adieu.»

    « Tu m’étonnes toujours ! » écrivait un jour un Oblat en parlant du Fondateur. Un étonnement de plus alors que je viens de réaliser à quel point, à une époque où renoncements et mines compassés étaient de mise, saint Eugène a su allier humanité et avancée vers Dieu. Jésus était « vrai Dieu, vrai homme ». Cette incarnation à son meilleur ne peut-elle être aussi la nôtre ?

    (*)http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=6&vol=1&let=S&ID=483
    (**)http://www.lejsl.com/edition-autun/2014/07/12/l-histoire-de-lazare-ressuscite-par-son-ami-jesus-a-inspire-la-legende-de-lazare-eveque-d-aix-mort

Leave a Reply to Denyse Mostert Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *