LES MISSIONNAIRES ÉPUISÉS MEURENT DE FAIM POUR LE SALUT DES PAUVRES

Les Oblats donnaient une mission pour « les pauvres montagnards abandonnés,»  et l’équipe voulait prolonger son séjour au milieu d’eux. Tout en reconnaissant leur générosité, il leur demande de ne pas prolonger la mission avec eux et de prendre une période de repos nécessaire.

Je savais bien que vous auriez toutes les peines du monde à vous tirer des Cévennes. Ce pays est attrayant pour des missionnaires affamés du salut des âmes, mais dans les projets que vous me proposez, je ne vois point passer en ligne de compte le repos. Or il est aussi nécessaire que le travail. Je préfère sans doute que vous employiez votre zèle en faveur des pauvres montagnards abandonnés plutôt que de perdre votre temps auprès des superbes habitants des villes dédaigneuses. Mais, encore un coup, je ne puis pas vous dispenser de prendre le repos qui vous est dû de droit naturel.

Lettre à Pierre Mie, le 7 septembre 1826., EO VII n 253

 

“Si un homme insiste toujours pour être sérieux, et ne se permet jamais un peu de plaisir et de relaxation, il deviendra dingue ou instable sans le savoir.”   Hérodote

 

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One Response to LES MISSIONNAIRES ÉPUISÉS MEURENT DE FAIM POUR LE SALUT DES PAUVRES

  1. Denyse Mostert says:

    Lettre à Pierre Mie, le 7 septembre 1826

    De Pierre Mie, on dit qu’il « fut un bon religieux et un infatigable missionnaire. Qu’il participa à toutes les missions données de 1816 à 1819. Que dans la suite, pendant de nombreuses années, il passa la moitié de l’année à évangéliser les paroisses du Sud-Est de la France. » Peut-être prend-il au pied de la lettre le passage des Règles de 1818 où “pleins de confiance en Dieu”, il est question pour les Oblats “d’entrer dans la lice et combattre jusqu’à extinction »… Quoiqu’il en soit, en 1826 « le père de Mazenod lui reproche de trop prêcher sans se reposer ni même se réserver une semaine pour faire la retraite annuelle avec la communauté. » (*)

    Les Règles sont pourtant demeurées les mêmes. Contradictoire la recommandation du P. de Mazenod ? Je préfère y lire une mise en garde contre un zèle intempestif, en lui-même manque de confiance en Dieu qui respecte la capacité de chacun.

    Eugène comprend le P. Mie et son attrait envers ces Cévennes où vivent tant de montagnards abandonnés. Il sait aussi qu’il arrive un moment où le repos devient réponse à la volonté de Dieu. L’obéissance va donc amener le P. Mie à prendre le temps de repos si nécessaire pour continuer la route.

    Qui n’a jamais rencontré une de personnes pleines de zèle pour qui la tâche à accomplir vient occulter jusqu’au moindre bon sens ? On les voit alors se donner à leur engagement avec une frénésie qui leur fait oublier jusqu’à leur propre fatigue… Pour excellent que soit leur travail, il arrive souvent le moment où… ’’tant va la cruche à l’eau qu’elle se brise’’. Le travail de remise en forme peut parfois être long…

    En fait, nous avons tous de la graine à en prendre !

    (*) http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=6&vol=1&let=M&ID=334

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