LA COMMUNAUTÉ: DONNEZ EN RETOUR AUTANT QUE VOUS AVEZ REÇU

Continuant notre réflexion sur les efforts d’Eugène pour ramener le jeune Nicolas Riccardi à la raison, nous voyons comment il essaya de l’inspirer pour voir l’importance d’une communauté qui soit un support mutuel dans sa vie.

Vous répétez coup sur coup dans quatre lignes qui se suivent dans votre lettre: «Je comprends la perte que j’ai faite en quittant la communauté, je serais au désespoir, si, comme je ne l’appréhende que trop, j’étais obligé de la quitter pour toujours, je sens que je suis fait pour vivre en communauté. » Dites plutôt que vous avez besoin et un besoin extrême de vivre en communauté. C’est pourquoi vous avez raison de comprendre, mais vous ne comprenez pas assez la peine que vous avez faite en quittant la communauté. Mais s’il est indubitable que vous avez besoin de vivre en communauté,

La Communauté ne consiste pas à répondre aux besoins personnels, elle est une double voie du donner et du recevoir , un soutien mutuel:

s’il est vrai que vous auriez raison d’être au désespoir s’il vous fallait la quitter pour toujours, il n’est pas moins vrai que la communauté a besoin que ceux qui la composent ne lui donnent pas le dégoûtant spectacle d’un malaise sensible, d’un dédain insultant, d’une irrégularité peu édifiante, d’une désertion scandaleuse, toutes choses qui troublent sa tranquillité, sa paix, son bonheur, qui compromettent son existence. Rien ne saurait excuser votre conduite, elle est exécrable sur tous les rapports. Vous avez manqué à la Société; votre défection n’a pas seulement été un scandale, vous lui avez nui essentiellement par les mauvaises impressions que votre faute a dû produire dans les âmes faibles qui ne sont pas préparées à de telles secousses; mais vous avez bien autrement manqué à Dieu en vous jouant de ce qu’il y a de plus sacré parmi les hommes, puisque au mépris de vos engagements vous n’avez pris conseil que de votre imagination exaltée. Vous n’avez obéi qu’à votre caprice, ou pour mieux dire au démon qui seul pouvait vous inspirer une résolution aussi contraire à vos véritables intérêts qu’à vos devoirs sacrés envers Dieu.

Lettre à Nicolas Riccardi, le 17 février 1826, EO VII n 225

 

“Entoure-toi de gens qui t’apportent soutien et amour et aime et souviens-toi de donner autant que tu as reçu.”      Karen Kain

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Une réponse à LA COMMUNAUTÉ: DONNEZ EN RETOUR AUTANT QUE VOUS AVEZ REÇU

  1. Denyse Mostert dit :

    Lettre à Nicolas Riccardi, le 17 février 1826

    Eugène de Mazenod n’y va pas de main morte. L’analyse des propos de Nicolas Riccardi est à la mesure de l’indignation et de la douleur du Fondateur. Il sait prendre le ‘désespoir’ du transfuge pour ce qu’il est vraiment : un besoin extrême de vivre en communauté doublé d’une incompréhension totale des conséquences de son départ. Aucune excuse pour la conduite du jeune homme. Eugène emploie des mots percutants tels que « dégoûtant spectacle… malaise sensible, dédain insultant, irrégularité peu édifiante, désertion scandaleuse »…

    Il va sans dire qu’une défection affecte toujours d’une certaine manière ceux qui en sont témoins. Certains vont prier pour celui qui s’en va, d’autres vont se laisser aller à des questionnements perturbants, d’autres peuvent en éprouver de la colère ou encore un rejet en bloc des valeurs auxquelles ils avaient cru jusque là. Attitudes la plupart du temps temporaires qui nécessitent tout de même de l’attention et un travail spirituel intense.

    Comment aura réagi Nicolas Riccardi devant la lettre de son Supérieur ? « Malheur à celui par qui le scandale arrive » disait Jésus. ( Mt 18(5-9). J’y ai d’abord vu, comme beaucoup, une allusion aux peines de l’enfer. Je pense aujourd’hui que le châtiment du pécheur peut fort bien commencer par les remous de son âme torturée. Ne l’expérimentons-nous d’ailleurs pas nous-mêmes après l’un ou l’autre des faux-pas dont personne n’est à l’abri?

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