DONNEZ-LUI PLUS DE SOINS QUE CE QU’IL POURRAIT AVOIR DANS SA MAISON PATERNELLE, DÛT-ON VENDRE LINGES ET CALICES

Écrivant au Père Courtès, supérieur de la communauté d’Aix, au sujet du transfert de Jacques Marcou mourant  de la communauté de Nîmes à la communauté d’Aix, il exprimait son inquiétude paternelle.

Mais combien le bonheur que je me promets en vous revoyant va être troublé par l’état où se trouve notre cher père Marcou. C’est là un chagrin que rien ne peut adoucir. La crainte de perdre cet enfant me rattriste à un point excessif. Je voudrais vous précéder tous, il est dans l’ordre que cela soit puisque je pourrais pour l’âge, quoique je ne sois pas vieux, être votre père à tous. Je n’ai pas besoin de te recommander, si le p. Marcou vient à Aix , d’avoir plus de soin pour lui qu’on ne pourrait en avoir dans sa maison paternelle, dût-on vendre couverts et calices. Je ne crois pas que le climat de Marseille convienne à son état, l’air d’Aix lui vaudra mieux, il faudrait seulement qu’on pût désigner un lieu pour servir d’infirmerie.

Lettre à Hippolyte Courtès, le 31 Mai 1826. EO VII n 247

 

“L’amour commence en prenant soin de nos plus proches – ceux de la maison. »   Mother Teresa

 

Ce contenu a été publié dans LETTRES, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à DONNEZ-LUI PLUS DE SOINS QUE CE QU’IL POURRAIT AVOIR DANS SA MAISON PATERNELLE, DÛT-ON VENDRE LINGES ET CALICES

  1. Denyse Mostert dit :

    Lettre à Hippolyte Courtès, le 31 Mai 1826

    Jean Joseph Hippolyte Courtès (1798-1863) fut un des premiers compagnons du père de Mazenod et resta toujours son confident et son ami. Après le départ du père de Mazenod pour Marseille, en 1823, il fut nommé supérieur de la maison d’Aix et y resta jusqu’à sa mort. (*) À lui aussi Eugène dit la joie du retour douloureusement assombrie par l’état de Jacques Marcoux : « La crainte de perdre cet enfant m’attriste à un point excessif. Je voudrais vous précéder tous, il est dans l’ordre que cela soit puisque je pourrais pour l’âge, quoique je ne sois pas vieux, être votre père à tous ». Ne voilà-t-il pas là les mots d’un père aimant ?

    Pour le Fondateur, il est impératif que le jeune malade termine ses jours au milieu de la communauté. Les recommandations déjà données à Henri Tempier se répètent, pour le P. Courtès, au mode superlatif peut-on dire. En effet, le « dussions-nous vendre nos souliers » de la lettre du 24 mai devient aujourd’hui « dût-on vendre couverts et calices »… Et toujours un raisonnement concret : « Je ne crois pas que le climat de Marseille convienne à son état, l’air d’Aix lui vaudra mieux…»

    Eugène a mal et toute la communauté avec lui. Sans doute sont-ils prêts à accepter en son temps l’inévitable menaçant, mais en attendant, loin de baisser les bras, tout ce qui est humainement possible pour adoucir les derniers jours du malade sera fait.

    Adhésion héroïque au moment présent que seules peuvent expliquer la foi en Dieu et la charité des uns envers les autres.

    (*) http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=6&vol=1&let=C&ID=165

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *