PENSER GRAND

Pendant qu’Eugène attendait les cardinaux qui devaient se réunir pour discuter du statut des Oblats, il continuait à se soucier de la Congrégation des Oblats, Je commenterai certaines de ses lettres et de ses soucis écrits de Rome. Dans ses échanges avec les autorités du Vatican, il devint conscient qu’elles n’avaient pas compris tout le rêve missionnaire des Oblats qui, malgré leur petit nombre, rêvaient d’apporter un jour l’Évangile aux confins de la terre.

Eminentissime, Il me paraît avoir compris, la dernière fois que j’ai eu l’honneur de m’entretenir avec Votre Eminence, que vous croyiez que nous avions demandé l’approbation spécifique de notre Congrégation seulement pour la France. Ce serait une erreur trop nuisible au bien que la Congrégation se propose de faire avec l’aide de Dieu, pour que je ne me fasse pas un devoir de vous assurer par ce feuillet qu’une des principales raisons qui nous ont portés à demander l’approbation du Saint-Siège, est précisément le désir ardent que nous avons de propager le bienfait des ministères auxquels se consacrent les sujets de notre Société, dans quelque partie du monde catholique où ils soient pour être appelés aussi bien par le Père commun de tous les fidèles que par les évêques respectifs des divers diocèses…
Divers sujets de la Congrégation se porteraient volontiers à prêcher parmi les infidèles; et quand les sujets seront plus nombreux, il pourra se faire que les supérieurs les envoient en Amérique, soit pour y secourir les pauvres catholiques dépourvus de tout bien spirituel, soit pour faire de nouvelles conquêtes à la foi.

Lettre au Cardinal Pedicini, le 2 janvier 1826, EO XIII n 51

 

« Quand vous pensez grand, les choses deviendront grandes »    Emeri Lagasse

Ce contenu a été publié dans LETTRES, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à PENSER GRAND

  1. Denyse Mostert dit :

    Rome 2 janvier 1826 – Lettre au Cardinal Pedicini

    Pour Eugène de Mazenod, l’attente à Rome est loin d’être passive. Il prie mais aussi visite, suggère, écrit, et une réflexion de tous les moments lui permet appréhender des incompréhensions qu’il tient à régler au plus tôt. Avec respect et dans la liberté qui le caractérise.

    Sa lettre au Cardinal Pedicini est un bel exemple de sa manière de mettre les points sur les i. Aucune attaque directe : « Il me semble avoir compris que vous croyiez… », mais des mots qui sous-entendent la possibilité d’une demande mal comprise. Et une explication susceptible d’éliminer tout malentendu.

    Le zèle des Oblats les appelle à dépasser les limites de la Provence. « … Une des principales raisons qui nous ont portés à demander l’approbation du Saint-Siège, est précisément le désir ardent que nous avons de propager le bienfait des ministères auxquels se consacrent les sujets de notre Société, dans quelque partie du monde catholique où ils soient pour être appelés… ».

    De plus, «divers sujets de la Congrégation se porteraient volontiers à prêcher parmi les infidèles; et quand les sujets seront plus nombreux, il pourra se faire que les supérieurs les envoient en Amérique, soit pour y secourir les pauvres catholiques dépourvus de tout bien spirituel, soit pour faire de nouvelles conquêtes à la foi ».

    On ne peut être plus clair. On ne peut être plus audacieux non plus. Combien hésiteraient à exposer un tel rêve, démesuré il faut bien le dire compte tenu du petit nombre de Missionnaires Oblats et des difficultés de communication de ce 19ième siècle !

    L’incroyable demande n’a d’égal que le cœur brûlant des fils d’Eugène attirés vers des contrées inconnues d’où ils ne savent s’ils reviendront un jour. Nul besoin pour moi de canonisation officielle pour tous ceux-là qui sont partis. La vie difficile qu’ils ont vécue là-bas est en elle-même exemple et miracle d’un amour qui a su dépasser toutes frontières.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *