J’AI RESSENTI UN RÉEL PLAISIR EN FAISANT EN SORTE QUE LES RUES DU MONDE CHRÉTIEN RENVOIENT MA VOIX EN ÉCHO, EN CHANTANT LES LOUANGES DE DIEU

Eugène, le pèlerin, décrit une autre de ses expériences particulières dans la Rome chrétienne.

Nous rentrâmes au palais Mattei, où loge monseigneur d’Isoard; nous mangeâmes un morceau et bientôt nous remontâmes en voiture pour aller en procession à Saint-Pierre, avec une confrérie qui avait obtenu de gagner le jubilé en faisant une station à Saint-Pierre. Mgr le doyen de la Rote portait le crucifix en habit de prélat, j’étais à côté de lui en soutane et manteau long. Nous chantâmes, en allant, les litanies des saints, et j’éprouvais un vrai plaisir à faire retentir de ma voix les rues de la capitale du monde chrétien, en chantant les louanges de Dieu.
Arrivés à Saint-Pierre, on présenta à la vénération des fidèles les reliques insignes de la Passion, telles que le bois de la vraie croix, la sainte lance, etc. Je fus ravi du profond silence qui régna dans toute cette immense basilique pendant cette cérémonie. Tout le monde était à genoux et priait avec beaucoup de piété.
La foule était pourtant immense. A ce sujet, je dois remarquer que j’ai fait cette observation depuis que je suis à Rome parcourant continuellement les églises: c’est que toujours et partout j’y ai vu régner la plus grande décence, et que la piété des pèlerins, qui sont pourtant tous des gens du peuple, de pauvres paysans, la plupart déguenillés, m’édifie toujours davantage.

Journal romain, 18 décembre 1825, EO XVII

 

« Le Chrétien ne pense pas que Dieu va nous aimer parce que nous sommes bons, mais que Dieu va nous rendre bons parce qu’Il nous aime. »      C. S. Lewis

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Une réponse à J’AI RESSENTI UN RÉEL PLAISIR EN FAISANT EN SORTE QUE LES RUES DU MONDE CHRÉTIEN RENVOIENT MA VOIX EN ÉCHO, EN CHANTANT LES LOUANGES DE DIEU

  1. Denyse Mostert dit :

    18 décembre 1825 – Journal romain

    Eugène de Mazenod n’est pas venu à Rome en touriste, non plus qu’en pèlerin. Bien des soucis pèsent sur lui que seule l’approbation papale des Oblats de Marie Immaculée peut résoudre. La supplique prête, les visites nécessaires dûment effectuées, il ne reste au Fondateur qu’à attendre une convocation du Vatican qui est longue à venir. Tout autre que le Fondateur pourrait bien y trouver de quoi se morfondre, de quoi ronger son frein… Eugène en a pris son parti.

    Il y a quelques jours, il écrivait à Henri Tempier : « Je ne néglige pas non plus les moyens humains qu’il faut employer. Si, après cela, je ne réussis pas, je n’aurai rien à me reprocher. » C’est donc le cœur en paix qu’il peut goûter aux innombrables réalités de la Ville Sainte.

    Ainsi d’une procession à laquelle il participe, faisant retentir sa voix « dans les rues de la capitale du monde chrétien, en chantant les louanges de Dieu»… À Saint-Pierre, « le profond silence » qui accompagne la vénération des reliques de la Passion fait monter en lui une admiration sans borne. Le « prêtre des pauvres » qu’il ne cessera jamais d’être va y faire cette heureuse découverte : ne sont-ils pourtant pas « tous des gens du peuple, de pauvres paysans, la plupart déguenillés ! »

    On croit entendre Jésus : » « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux petits… » (Mth 11,25)

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