PORTEURS DE VIE AUX PLUS ABANDONNÉS

Durant l’accalmie des activités estivales dans le diocèse de Marseille, Eugène saisit l’occasion de répondre à une invitation de voir aux besoins d’un groupe de la ville de Nice – laquelle, à cette époque, ne faisait pas partie de la France, mais du Royaume de Sardaigne. Le gouvernement sarde avait demandé à la police d’engager les autorités de l’Église dans un programme de réhabilitation d’un groupe d’hommes que l’on décrivait comme étant de « scandaleux pécheurs » (Rey I, p.336). Le gouvernement avait donné au diocèse, à cette fin, l’ancien monastère de St Pons.

Le pasteur de la cathédrale de Nice invita Eugène, en conséquence, à prêcher une retraite à ces gens, et c’est dans ce monastère qu’Eugène et Marius Suzanne accomplirent cette tâche. L’Évêque de Nice avait proposé qu’Eugène envoie des missionnaires occuper le monastère pour en faire un centre de missions pour le diocèse – une proposition qu’Eugène accepta en raison de la situation dépourvue du diocèse. Décrivant la situation à Henri Tempier, Eugène lui écrit :

Le clergé est nul dans ce pays, il n’y a que deux personnes en état de prêcher, et tout a besoin de réforme. Un des directeurs du séminaire vient tout récemment de me révéler des choses désolantes; je vois devant nous une ample moisson; la gloire de Dieu est évidemment intéressée à cette grande œuvre que nous allons entreprendre; tout le monde, hors certains prêtres dont nous nous passons du suffrage, sont ravis, enchantés; mais il faut que nous placions ici quelqu’un qui réponde à leur attente, surtout pour la prédication.

Lettre à Henri Tempier, 14 juillet 1824, EO VI n 146.

 

« Aimez-vous les uns les autres et aidez les autres à s’élever à de plus hauts niveaux, uniquement en leur versant de l’amour. L’amour est contagieux et c’est l’énergie qui guérit le mieux. »     Sai Baba

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Une réponse à PORTEURS DE VIE AUX PLUS ABANDONNÉS

  1. Denyse Mostert dit :

    Été 1824. Comme un peu partout, les activités ralentissent au diocèse de Marseille. Il paraîtrait juste et bon que le Vicaire général en profite pour se ressourcer auprès de ses chers Missionnaires de Provence. Et pourtant, c’est à Nice qu’on le retrouve en juillet, ayant accepté l’invitation de prêcher à un groupe d’hommes qui en a, lui dit-on, le plus grand besoin.

    Rien ne va plus au royaume de Sardaigne ! Faut-il en effet que la situation soit grave pour que « le gouvernement sarde [demande] à la police d’engager les autorités de l’Église dans un programme de réhabilitation d’un groupe d’hommes que l’on [décrit] comme étant de « scandaleux pécheurs » !

    Il va de soi qu’Eugène de Mazenod, le « prêtre des pauvres » ne peut rester indifférent. Ni aux « scandaleux pécheurs » qu’on lui annonce, ni à l’état déplorable du clergé dans cette région. En quelques mots concis, il met Henri Tempier au courant. « Le clergé est nul dans ce pays, il n’y a que deux personnes en état de prêcher, et tout a besoin de réforme. »

    Il ne lui en faut pas plus pour discerner là un autre appel de la Providence. Et y répondre. « La gloire de Dieu est évidemment intéressée à cette grande œuvre que nous allons entreprendre. »

    Des êtres humains qui se meurent d’amour, l’assentiment du clergé, hormis quelques prêtres réfractaires, voilà devant qui Eugène de Mazenod et Marius Suzanne se retrouvent en ce mois de juillet 1824 dans « l’ancien monastère de Pons » qui deviendra éventuellement un « centre de mission ».

    Comment faire face à des dissidents toujours possibles ? Comment établir le contact avec des hommes tenus pour dépravés ? Comment enfin « faire connaître et aimer Jésus Christ » à ceux qui n’en n’ont jamais entendu parler ou y sont devenus indifférents ? Que de prière, de réflexion et de concertation nécessaires pour les deux missionnaires !

    Dans notre monde d’aujourd’hui, il existe aussi des gens dont on ne sait ‘’ par où les prendre’’. En fait, aucune stratégie n’est possible. C’est au ‘’cas-par-cas’’ qu’on peut gagner leur confiance. Tout simplement en demeurant intrinsèquement fidèles à nous-mêmes et à l’écoute qui nous fera comprendre leurs souffrances.

    Le terrain ainsi préparé, peut-être notre manière d’être les interpellera-t-elle. Alors peut-être aussi s’en viendra l’heure de Dieu, celle où nous pourrons les guider vers Jésus Christ qui a donné sa vie pour que chacun découvre le bonheur véritable.

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