L’OBLAT N’A TOUJOURS QU’UN SENS : ÊTRE UN MEMBRE DE L’ÉQUIPE

Henri Tempier avait été absent du travail d’ « esclave » de la tâche administrative dans le diocèse de Marseille, durant quelques semaines, en passant quelque temps avec la communauté oblate de Notre-Dame du Laus. À son retour à Marseille, Eugène écrivait au supérieur du Laus :

Le p. Tempier est revenu beaucoup mieux portant qu’il n’était parti; c’est qu’on est mieux chez soi et avec les siens qu’en galère.
Il reprend qu’au cœur de l’Oblat la chose importante est d’être en rapport avec la vie de la famille et de vivre la Règle de Vie en pratique au sein de la communauté. Séparé physiquement de la communauté, il fait de son mieux pour vivre cela au sein des circonstances où Dieu l’a placé. Où qu’il soit, il continue à être un membre de l’équipe.
Les hommes prendront les choses comme ils voudront, ils donneront aux objets le prix qu’il leur plaira; quant à nous nous ne soupirons qu’après le bonheur de nous occuper de notre famille, de vivre selon la lettre et non pas seulement selon l’esprit de nos Règles, comme nous sommes obligés de le faire dans la position où Dieu nous a placés, où nous faisons cependant de notre mieux.

Lettre à Pierre Mye, 16 juin, 1824, EO VI n. 144

 

« L’ingrédient principal du vedettariat est le restant de l’équipe. »    John Wooden

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2 Responses to L’OBLAT N’A TOUJOURS QU’UN SENS : ÊTRE UN MEMBRE DE L’ÉQUIPE

  1. Denyse Mostert says:

    Le Père Henri Tempier n’est pas plus heureux que son Supérieur et ami dans sa charge de Vicaire général du diocèse de Marseille. Il « aurait préféré qu’on ne songe pas à lui pour une charge qu’il jugeait au-dessus de ses talents et de ses vertus, nuisible surtout au bien de sa famille religieuse. Le Fondateur le lui imposa par obéissance afin de lui faire partager en tout sa sollicitude et de concourir à l’accomplissement des desseins de Dieu. » (*)

    Rien d’étonnant donc qu’un séjour auprès de la communauté de Notre-Dame-du-Laus lui ait été bénéfique. Nul n’est mieux placé qu’Eugène de Mazenod pour le comprendre, lui qui écrit au P. Mye « Le p. Tempier est revenu beaucoup mieux portant qu’il n’était parti; c’est qu’on est mieux chez soi et avec les siens qu’en galère. »

    Le mot « galère » est loin d’être surfait pour qui connaît les difficultés des deux Vicaires généraux. Parmi elles, et non la moindre il y a cette absence de « vie de famille » si chère aux deux Missionnaires. On connaît l’attachement d’Eugène à la Règle vécue en communauté et l’opinion d’Henri Tempier, qui craint qu’une telle séparation soit « nuisible surtout au bien de sa famille religieuse ». (*) « Il reprend, confie encore Eugène au Père Mye, qu’au cœur de l’Oblat la chose importante est d’être en rapport avec la vie de la famille et de vivre la Règle de Vie en pratique au sein de la communauté. »

    À la séparation difficile qu’ont à vivre Eugène et Henri Tempier, seules une grande foi et une persévérance sans faille permettent de faire face. Ce qui n’occulte d’ailleurs en aucune façon la réalité : « Nous ne soupirons qu’après le bonheur de nous occuper de notre famille, de vivre selon la lettre et non pas seulement selon l’esprit de nos Règles, comme nous sommes obligés de le faire dans la position où Dieu nous a placés, où nous faisons cependant de notre mieux. »

    C’est le prix du « tout pour Dieu » à payer par les deux amis, c’est le prix d’un amour prêt à tout pour que les Missionnaires de Provence puissent continuer à « faire connaître et aimer Jésus Christ ».

    Avis à ceux qui soupirent après la vie en free-lance si souvent attribuée au bonheur! Tôt ou tard, se dessine le besoin d’être-avec les autres dans une communion faite de petits gestes et de grandes espérances.

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