NOUS AVONS TOUJOURS PRIS EN CONSIDÉRATION LE BIEN-ÊTRE CONSTANT DE CES PAUVRES GENS

Le Frère scolastique Marius Bernard, qui se préparait à son ordination au Diaconat, faisait partie de l’équipe de la mission. On lui faisait enseigner le catéchisme trois fois par jour, mais Eugène perçut cela comme une exagération qui demandait beaucoup trop aux gens :

Comment as-tu pu avoir l’idée de faire faire trois catéchismes par jour au f. Bernard? Cela est impossible; d’ailleurs il n’est pas à présumer que les gens de la campagne quittent leurs travaux pour venir y assister; nous avons toujours ménagé les intérêts persévérants de ces pauvres gens, et il ne serait pas juste de les forcer à mourir de faim ou de n’être pas admis au sacrement de la confirmation qu’ils n’ont pas reçu.
… Je ne saurais trop te recommander la douceur, l’aménité, le support du prochain.

Lettre à Jean-Baptiste Honorat, 27 janvier 1824, EO VI n.127

 

« Tout être humain a droit à la courtoisie et la considération. Une critique constructive n’est pas seulement à être attendue mais aussi recherchée. » Margaret Chase Smith

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One Response to NOUS AVONS TOUJOURS PRIS EN CONSIDÉRATION LE BIEN-ÊTRE CONSTANT DE CES PAUVRES GENS

  1. Denyse Mostert says:

    1824 – À Ventraben, il semble bien que les missionnaires déploient un zèle intempestif. À Marius Bernard, qui se prépare au diaconat, incombent trois enseignements journaliers du catéchisme.

    Beaucoup trop au goût d’Eugène de Mazenod. Une lettre au P. Honorat décrit son mécontentement. «Comment as-tu pu avoir l’idée de faire faire trois catéchismes par jour au f. Bernard? Cela est impossible… » Et de souligner en bonne logique que « les gens de la campagne » seront incapables de laisser leurs travaux à une telle fréquence. En fait, beaucoup d’efforts pour les missionnaires, peu de possibilités pour les habitants de Ventraben d’en profiter et probablement pour tous un mécontentement sous-jacent.

    Les Missionnaires de Provence font « tout pour Dieu », encore faut-il que ce tout réponde à la logique d’un Dieu Père et à la Règle qui leur demande proximité et attention avec les « pauvres aux multiples visages » qu’ils se sont engagés à servir. Prenant en cela exemple de Jésus invitant les foules à s’asseoir pour se nourrir de pain et de poisson en même temps que de ses enseignements, les Missionnaires de Provence ont à tenir compte du bien-être de ceux qui viennent les entendre et donner à tous une chance égale de profiter au mieux des missions paroissiales.

    De quoi nous donner à réfléchir lorsque de nouvelles perspectives s’offrent à nous. L’enthousiasme peut alors multiplier une imagination débordante et un zèle exagéré que la pratique ne tardera pas à rendre inefficaces.

    Faut-il pour autant développer automatiquement une grande réserve, voire même un certain pessimisme devant les occasions de travailler à la Moisson ? Certes non, car rien n’arrive pour rien dans la vie.

    Pour les croyants, tout appel porte en lui sa possibilité de réalisation. À condition de le prier, de le réfléchir et de s’approcher avec considération et amitié de ceux avec lesquels ils sont appelés à vivre un cheminement qui peut changer et leur vie et la leur.

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