DE MAUVAIS INSTRUMENTS

Jusqu’à maintenant, nous avons vu que, dans la Règle, Eugène définit l’objectif principal des Missionnaires comme étant de prêcher l’Evangile aux plus abandonnés. Il poursuit en listant des objectifs secondaires, en commençant avec celui de compenser le vide laissé dans l’Eglise par la disparition des ordres religieux. Il continue avec un troisième objectif :

Article 1. Une fin non moins importante de leur Institut, à laquelle ils tâcheront d’arriver avec autant de zèle qu’à la fin principale, c’est de reformer le clergé et de réparer, autant qu’il est en eux, le mal qu’ont fait et que font encore les mauvais prêtres qui ravagent l’Église…

(Vous pourrez trouver une réflexion et le texte intégral de cette citation, avec son langage fortement condamnatoire, dans les commentaires allant du 7 au 12 septembre 2010)

Les Missionnaires donnaient leur vie pour amener les gens à vivre dans la plénitude de l’amour de Jésus le Sauveur. Leurs méthodes visaient à susciter une intense expérience de conversion, qui devait alors être accompagnée et nourrie par le prêtre local. Si le prêtre était incapable de le faire, la prédication des Missionnaires ne pouvait être efficace. C’est pour cette raison qu’Eugène accordait une importance majeure au ministère du clergé.

Article 2. Dans les commencements, les missionnaires, à cause de leur jeunesse, ne pourront entreprendre qu’indirectement la guérison de cette plaie profonde par leurs douces insinuations, leurs prières et leurs bons exemples…

Dans la pratique :

Article 3. Ils feront alors des retraites aux prêtres, et la maison de la Mission sera toujours un asile ouvert et comme une piscine salutaire…

Règle de 1818, Première partie, Chapitre premier. De la fin de l’Institut. § 2.
Missions, 78 (1951) p. 14-15

Nous verrons plus tard comment cet important ministère a été porté par les Missionnaires Oblats au moyen de retraites, de l’accompagnement des prêtres et de leur implication dans l’enseignement des futurs prêtres dans les séminaires.

Le souci principal d’Eugène n’était pas les prêtres en tant que tels, mais les gens qui souffriraient s’ils n’avaient pas des pasteurs dignes d’être pour eux les instruments du Royaume de Dieu.

 

La première question que le prêtre et le lévite avaient posée était : « Si je m’arrête pour aider cet homme, que va-t-il m’arriver ? » Mais le Bon Samaritain avait posé la question à l’envers : « Si je ne m’arrête pas pour aider cet homme, que va-t-il lui arriver ? »     Martin Luther King, Jr.

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Une réponse à DE MAUVAIS INSTRUMENTS

  1. Denyse Mostert dit :

    Situations analogues, peut-on dire si on compare la situation actuelle de l’Église au Québec et ‘’le vide’’ que déplore Eugène de Mazenod. Nul besoin d’épiloguer dans le cadre de cette réflexion sur les causes multiples qui affectent notre l’Église contemporaine, nous n’en connaissons que trop bien quelques-unes…En France, la Révolution (1789-1799) s’est chargée de ce triste travail qui va avoir de très longues répercussions…

    Le Fondateur, cet homme indéfectiblement attaché à son Église en est profondément touché. Il écrit : « Ah! l’Église n’a que trop à gémir sur le grand nombre de prêtres qui l’affligent par leur insensibilité à ses maux, qui languissent eux-mêmes et glacent toutes les flammes de l’amour divin qu’ils devraient répandre parmi les fidèles, auprès desquels ils sont les organes du Seigneur et les instruments de sa miséricorde. » (*)

    Mais Eugène n’est pas l’homme à se contenter de larmes stériles. La question qu’il se pose ensuite comporte déjà sa réponse : « Voudrais-je en augmenter le nombre? Dieu me préserve d’un pareil malheur. Plutôt mourir au moment même où je trace ces paroles. (*)

    Un appel à l’action est présent dès le premier article des Constitutions : les Missionnaires de Provence se doivent « de reformer le clergé et… réparer, autant qu’il est en eux, le mal qu’ont fait et que font encore les mauvais prêtres qui ravagent l’Église… »

    Pas de panique devant ce gigantesque champ apostolique ! L’article 2 montre bien l’expérience d’un Fondateur qui connaît la profondeur du mal et le temps qu’il faudra pour y remédier. « Dans les commencements, les missionnaires, à cause de leur jeunesse, ne pourront entreprendre qu’indirectement la guérison de cette plaie profonde… »

    Tant de service aux autres va de pair avec le désir de sainteté omniprésent chez Eugène de Mazenod. « Pour lui, en effet, la sainteté est un devenir dynamique, un cheminement constant qui dure toute la vie. Les Oblats, lisons-nous dans la Préface, «doivent travailler sérieusement à devenir des saints, […] vivre […] dans une volonté constante d’arriver à la perfection». (**)

    «Pas de terme à notre sainteté personnelle, s’exclamait le père Léo Deschâtelets à la lecture de ce texte. » (**) Voici qui est encourageant pour nous tous !

    (*) Notes de retraite, aout 1812)
    (**) omiworld.org/dictionary.

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