SOYEZ VIGILANTS

Lorsqu’on garde à l’esprit le fort taux de mortalité à l’époque d’Eugène – où, par exemple, une personne sur quatre mourait de la tuberculose – il est facile de comprendre le rappel qu’il fait aux jeunes sur la possibilité d’une mort prématurée. Cela renvoie à l’avertissement de Jésus : « Prenez garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand viendra le moment » (Marc 13,33)

Art. 43. La mort a souvent prouvé qu’elle ne respecte pas plus l’âge que le rang. Combien de fois n’a-t-elle pas porté sa faux meurtrière sur les plus tendres enfants en les enlevant sans pitié dès le printemps de leur vie. Combien de jeunes gens n’a-t-elle pas terrassés et entraînés dans les horreurs du tombeau au moment même où ils se promettaient le plus brillant comme le plus durable avenir.

Eugène les a formés pour qu’ils soient conscients de ce qu’il faut faire si eux-mêmes, ou d’autres congréganistes, étaient atteints d’une maladie grave.

Art. 44. Il est donc prudent de prévoir le cas ou quelque maladie imprévue atteignant les congréganistes, menacerait leurs jours, afin qu’ils ne soient pas surpris par la mort sans y être bien préparés.
Art. 45. Dès qu’un congréganiste sera obligé de se mettre au lit, il le fera savoir à M. le Directeur qui ira sur-le-champ le visiter

Statuts, § 3. Devoirs des congréganistes malades.

 

La crainte de la mort provient de la crainte de la vie. Un homme qui vit pleinement est préparé à mourir à n’importe quel moment. Mark Twain

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Une réponse à SOYEZ VIGILANTS

  1. Denyse Mostert dit :

    Dernièrement on parlait d’authenticité, de pardon, d’amour, de maladie. La suite logique de nos réflexions ne pouvait être que la mort.

    On meurt beaucoup au 19ième siècle et cela arrive à tout âge. Eugène de Mazenod a jugé bon d’en prévenir explicitement les Congréganistes. Les Statuts précisent : « La mort a souvent prouvé qu’elle ne respecte pas plus l’âge que le rang ».

    On sait l’amour du Directeur envers les 250 membres de la Congrégation de la Jeunesse. Ne devient-il pas dès lors impératif de les sensibiliser à l’idée d’une mort toujours imprévisible et parfois prématurée afin qu’ils soient prêts à tout instant à remettre leur vie entre les mains de Dieu ?

    « Dès qu’un congréganiste sera obligé de se mettre au lit, il le fera savoir à M. le Directeur qui ira sur-le-champ le visiter », écrit-il. Aucun refus de la réalité, aucune conséquence possible d’un silence coupable n’est permis. En même temps qu’il apportera le réconfort au malade, Eugène pourra ainsi mieux assurer la santé de ses compagnons.

    Bien des épidémies sévissent encore dans nombre de pays ; nous savons cependant qu’il est devenu possible, sinon de les éradiquer, tout au moins d’apporter un certain secours aux populations atteintes. Les bonds prodigieux de la médecine permettent de vaincre des maladies classées incurables il y a quelques décennies. Des traitements palliatifs viennent adoucir des douleurs qui par ailleurs pourraient se révéler intolérables… Pourquoi la mort continue-elle à être le sujet dont on parle le moins possible ?

    Pourquoi en moi cette peur fondamentale que ma foi en Jésus Christ devrait pourtant effacer ? La crainte de souffrir physiquement en serait-elle la cause ? Ou encore le renoncement incontournable et radical à ceux que j’aime et à tout ce qui constitue ma vie présente ? À chacun sa réponse.

    La mienne se trouve pour le moment dans le choix de vivre chaque instant qui m’est donné le plus consciemment et le plus pleinement possible. Et de remercier Dieu pour ce don gratuit de la vie que lui seul peut m’aider à conduire jusqu’à son achèvement.

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