UNE INVITATION À RÉTABLIR L’HARMONIE ENTRE L’ « ÊTRE » ET LE « FAIRE »

A partir du premier jour de la création de la communauté de Missionnaires, Eugène avait insisté sur la qualité de vie de chacun de ses membres, et sur l’importance d’ « être » un homme de Jésus-Christ avant de « faire », en tant qu’hommes d’action. Ils devaient être préoccupés par la qualité de leur humanité, être profondément chrétiens, et s’efforcer de chercher pour eux-mêmes la sainteté, avant de pouvoir le prêcher aux autres. Si le «faire» devient excessif, alors la qualité de l’ «être» du missionnaire en souffre et cela devient un cercle vicieux.

Je suis obligé de reconnaître que la multiplicité d’occupations qui m’accablent, ont nui infiniment à l’accomplissement des résolutions que j’avais prises par l’inspiration de Dieu.
Cette agitation continuelle, dans laquelle je suis, porte un préjudice incroyable à mon intérieur; et la manière dont je m’acquitte de mes emplois nuit visiblement à ma santé.
Il faut donc régler tout cela.

Notes de retraite, Juillet-Août 1816, E.O. XV n 139

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1 réponse à UNE INVITATION À RÉTABLIR L’HARMONIE ENTRE L’ « ÊTRE » ET LE « FAIRE »

  1. Denyse Mostert dit :

    « Rétablir l’harmonie entre l’être et le faire . »Tout comme nous, saint Eugène a été confronté à la nécessité de faire la part des choses entre ces deux extrêmes.

    Immanquablement, ce titre me conduit à un épisode de l’Évangile qui a fait couler beaucoup d’encre, et continue d’ailleurs à le faire. (Luc 10.38-43)

    Nous connaissons Marthe, cette femme tout heureuse de veiller à ce que tout dans sa maison soit parfait pour la visite de l’ami. Et Marie, celle qui boit les paroles de Jésus au point d’en oublier le petit coup de main qui pourrait soulager sa sœur.

    Je me souviens d’une histoire entendue lors d’une session. Deux religieuses se rencontrant pour la première fois, s’interrogent sur leur spiritualité mutuelle. « Moi, je suis une Marthe », reconnaît humblement la première, alors que l’autre clame avec fierté : «Moi, je suis une Marie ». Notre prédicateur mettait une telle emphase dans ce « Marie » qu’on ne pouvait se méprendre sur la primauté, admise pendant des siècles, des ordres dits « contemplatifs » sur les communautés « actives » et leurs nombreuses implications concrètes. L’humour dans lequel tout cela était exprimé nous emmenait alors vers une réflexion plus profonde et par là même plus nuancée.

    L’« être » et le « faire » chrétiens ? J’y vois une question de foi et de bon sens.

    Une question de foi. Comme Marie de Béthanie, il nous est indispensable de simplement prendre du temps pour n’écouter plus que la Parole vivante de Jésus Christ.

    Une question de bon sens. L’Évangile ne nous invite-t-il pas à accomplir résolument les gestes nécessaires au bien-être de notre prochain ?

    À nous de faire preuve de discernement pour donner à chaque chose la place qui lui revient et d’ajouter avec Eugène de Mazenod : « Il faut donc régler tout cela »

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