LE RÊVE CHARISMATIQUE D’EUGENE TROUVE UN TOIT

Eugène continue de décrire ses «efforts de fondation» à son ami Forbin Janson. Il avait besoin d’une maison et d’une propriété assez grandes pour accueillir les quelques 300 jeunes plein d’énergie qui se réunissaient tous les jeudis et dimanches pour la prière, l’enseignement et les jeux. En même temps, il avait besoin d’une grande maison pour accueillir les futurs membres du groupe de missionnaires qu’il avait l’intention de fonder, afin de partager avec eux le ministère dans lequel il était engagé.

Le grand couvent des Minimes, attaché à la propriété de sa famille dans les faubourgs d’Aix, et qui était en vente, avait une vieille église historique, ainsi que de spacieux terrains. Au dernier moment, alors qu’il était sur le point de conclure l’affaire, l’endroit lui est passé sous le nez. Il a alors tourné son attention vers l’ancien couvent des carmélites, localisé au centre d’Aix.  Là, la vision charismatique d’Eugène allait devenir une réalité.

Voici l’état des choses, sans entrer dans tous les préalables qui seraient trop longs à raconter. Les Minimes étaient à vendre. Ce local était parfaitement à notre convenance. Je pensais qu’il ne fallait pas le laisser échapper. Je me mis en devoir de l’acheter. Je me donnai pour cela des peines incroyables, mais en pure perte. Les religieuses du St-Sacrement, par un tour de passe-passe, me le soufflèrent poliment.
En traitant cette affaire, j’avais agi auprès de quelques prêtres que je croyais propres à la s[ain]te œuvre, et qui le sont en effet. Ceux-ci ne se tinrent pas pour battus, quand je fus débouté. J’eus honte ou scrupule de laisser amortir leur beau feu et je tentai d’obtenir le seul local qui nous reste dans la ville pour y établir une communauté. Mes démarches eurent un succès inattendu; dans une seule entrevue, l’affaire fut conclue; et je me trouvai propriétaire de la majeure partie de l’ancien couvent des Carmélites, qui est situé à la tête du Cours, ayant attenant une charmante église, un peu délabrée à la vérité, mais qu’on pourrait mettre en état avec moins de cent louis.

Lettre à Forbin Janson, le 23 octobre 1815, E.O. VI n.5

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Une réponse à LE RÊVE CHARISMATIQUE D’EUGENE TROUVE UN TOIT

  1. Denyse Mostert dit :

    Alors que la même « secousse intérieure » continue à l’animer, Eugène de Mazenod a pris la mesure des risques possibles de son projet.

    C’est ce qu’il écrit, Le 25 octobre 1815, à son ami Forbin Janson. «Tout à coup je me trouve avoir mis en train cette machine, m’être engagé à sacrifier mon repos et hasarder ma fortune pour faire un établissement dont je sentais tout le prix. »

    Maintenant que la décision est prise, il ne reste à Eugène qu’à s’engager fermement dans l’action. C’est ce qu’il fait, en homme d’affaire résolu à faire l’achat ‘’d’une maison et d’une propriété assez grandes pour accueillir les quelque 300 jeunes plein d’énergie qui se réunissent tous les jeudis et dimanches pour la prière… et d’une grande maison pour accueillir les futurs membres du groupe de missionnaires qu’il avait l’intention de fonder…’’

    Loin de faire cavalier seul dans ces recherches, Eugène intègre dans le projet « quelques prêtres … propres à la s[ain]te œuvre ».

    Et lorsqu’une première transaction échoue, il semble que l’intérêt de ces prêtres renforce grandement la détermination d’Eugène, ainsi qu’il l’avoue à Fortin Janson. «Ceux-ci ne se tinrent pas pour battus, quand je fus débouté. J’eus honte ou scrupule de laisser amortir leur beau feu… »

    Et voilà, qu’une nouvelle affaire se conclut rapidement, au-delà de tout espoir. Le couvent des Carmélites va devenir le berceau du ‘’rêve charismatique’’ du prêtre inspiré. Que de choses vont s’y vivre, bien palpables aujourd’hui encore !

    Dans cette affaire il y a Eugène de Mazenod, le prêtre qu’un long cheminement a amené à dire oui à une invitation divine à laquelle il ne pouvait d’abord se résoudre. Il y a l’homme avisé qui pressent la force d’un projet partagé et sait discerner les qualités d’éventuels collaborateurs. Il y a l’enthousiasme de ceux-ci qui vont le pousser en avant. Et enfin il y a Forbin Janson, le grand ami à qui il est si bon de se confier.

    Pour nous aussi, il y a des intuitions à conserver, comme Marie, dans notre cœur. Il y a des invitations à risquer le ’’oui’’ toujours un peu inquiétant parce qu’on n’en connaît pas l’issue… Et y a l’appel à le vivre en Église, ensemble pour la Mission.

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