QUAND J’Y RÉFLÉCHIS, JE ME PERSUADE QUE DIEU SE PLAIT AINSI A METTRE UNE FIN A MES IRRÉSOLUTIONS

Ayant été poussé par la grâce de Dieu à prendre finalement la décision de fonder un groupe de missionnaires, Eugène se plonge maintenant dans un tourbillon d’activités afin de faire de son rêve une réalité. Il se dépeint de façon spectaculaire, ayant « la truelle dans une main, l’épée dans l’autre », pour construire une nouvelle réalité et également combattre les oppositions.

Son allusion aux Israélites reconstruisant la cité de Jérusalem après l’exil est intéressante – après l’exil de l’Eglise causé par la Révolution et Napoléon, Eugène a compris le but de son ministère comme celui d’une restauration.

Quand j’y réfléchis, je me persuade que Dieu se plaît ainsi à mettre une fin à mes irrésolutions.
Tant il y a que j’y suis jusqu’au cou; et je t’assure que, dans ces occasions, je suis tout autre. Tu ne m’appellerais plus cul de plomb, si tu voyais comme je me démène; je suis presque digne de t’être comparé, tant mon autorité est grande. J’en trépigne sourdement, parce que je n’ai plus un moment de repos, mais je n’en agis pas moins de bonne grâce. Voilà près de deux mois que je fais la guerre à mes dépens, tantôt à découvert, tantôt sourdement. J’ai la truelle d’une main, l’épée de l’autre, comme ces bons Israélites qui reconstruisaient la ville de Jérusalem. Et la plume va son train; car je n’ose pas te dire tout ce que j’ai écrit depuis que je me mêle de cette affaire…,

Lettre à Forbin Janson, le 23 octobre 1815, E.O. VI n.5

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Une réponse à QUAND J’Y RÉFLÉCHIS, JE ME PERSUADE QUE DIEU SE PLAIT AINSI A METTRE UNE FIN A MES IRRÉSOLUTIONS

  1. Denyse Mostert dit :

    Ce matin me revient en mémoire une citation reprise par Paul Arsenault dans son livre ‘’Il était une fois la morale’’. ‘’On ne bâtit pas sans creuser de fondations, sans calculer, sans agir. On ne bâtit pas sans tenir compte de l’état du terrain, sans payer le prix.’’ (*)

    Son rêve d’établir une communauté de missionnaires au service des plus démunis, Eugène l’a retourné longuement dans son esprit, il en a évalué les difficultés et le prix qu’il allait probablement devoir en payer. Tout en ayant conscience de la valeur de ce projet, une prudence bien compréhensive l’habite qui retarde le premier pas vers sa réalisation.

    Et puis, voici qu’en dépit de toute considération humaine par ailleurs parfaitement raisonnable, Eugène ‘’fait le saut’’. Surprenante décision à laquelle il cherche une explication. « Je me demande à moi-même comment, moi, qui jusqu’à ce moment n’avais pu me déterminer à prendre un parti sur cet objet, tout à coup je me trouve avoir mis en train cette machine… ».

    Comment comprendre ces « fortes secousses étrangères » qui secouent Eugène de Mazenod et l’emmènent sur des chemins aussi inattendus que hasardeux, sinon dans la foi ?

    La foi en un Dieu qui inspire, la foi en un Dieu qui comprend nos
    raisonnements humains souvent très réalistes, la foi en un Dieu qui respecte la lenteur de nos cheminements… Mais aussi la foi en un Dieu Père qui connaît la valeur de chacun de ses enfants et sait les conduire vers un chemin où ils trouveront bonheur et plénitude évangéliques.

    Eugène l’a bien compris lorsqu’il conclut : « Quand j’y réfléchis, je me persuade que Dieu se plaît ainsi à mettre une fin à mes irrésolutions.

    Sans se manifester nécessairement en « secousse étrangère », soyons sûrs que, discrètement, Dieu se plait à jalonner nos vie de « signes par milliers ». Et qu’un jour vient nous pouvons dire enfin le oui que nous retenions peut-être depuis longtemps.

    (*) A. Donval, ‘’La morale change »

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