ÉCOUTE TA COMMUNAUTÉ OBLATE

Ayant encouragé Jourdan au milieu de sa souffrance et l’ayant invité à placer sa confiance en Dieu, Eugène s’en remet désormais à deux autres approches pour l’aider. La première est reliée à l’autorité du supérieur d’une communauté de religieux.

Cher ami, croyez-en à mon expérience. Je connais ce genre d’épreuves, ne vous y arrêtez pas. Souvenez-vous que Notre Seigneur veut que ses enfants se conduisent par la voie de l’autorité et de l’obéissance; c’est ainsi qu’il manifeste sa très sainte volonté: « qui vos audit me audit » [ed. Luc 10,16 : « Qui vous écoute, m’écoute »].
Or, je vous déclare au nom de Dieu que vous êtes dans son amitié …

Deuxièmement, il s’en remet à l’opinion de la communauté à son endroit, à laquelle il doit prêter attention.

….Rapportez-vous en là-dessus à la décision qui vous sera donnée par nos chers frères qui vous aiment tant et que vous désolez comme moi par l’obstination que vous mettez à ne pas vous rapporter à leur décision sur les états par où il plaît à Dieu de vous faire passer.

Courage, mon bon ami. De très grands saints ont été éprouvés comme vous, mais ils sont devenus saints malgré ces états, parce qu’ils ne cessaient pas d’obéir; courage, encore une fois, mon cher ami, nous prions tous pour vous la face contre terre, pour que vous supportiez cette dure épreuve en vaillant soldat de Jésus-Christ. Ce tout aimable Maître, notre modèle, ne s’est pas livré au désespoir dans le jardin des Oliviers ; dans quelle angoisse n’était-il pourtant pas plongé? Tenez-vous à lui et ne craignez rien, buvez à la coupe de ses amertumes, puisqu’il daigne vous faire participer à sa passion, mais ne doutez pas qu’il ne vous enivre bientôt de ses plus douées délices. Il faut pour cela vous tenir en paix et obéir.

 

Lettre à Jacques Antoine Jourdan, 30 mars 1823, EO VI n. 99

 

« Lorsque la vie s’affaisse, vous n’avez pas besoin de raisons – vous avez besoin de réconfort. Vous n’avez pas besoin de réponses – vous avez besoin de quelqu’un. Et Jésus ne vient pas à nous avec une explication – Il vient à nous avec Sa présence. » Bob Benson

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One Response to ÉCOUTE TA COMMUNAUTÉ OBLATE

  1. Denyse Mostert says:

    En termes assez vigoureux, Eugène de Mazenod a su replacer les scrupules de Jacques Antoine Jourdan à leur juste place. Impossible pour eux de continuer leurs ravages alors que la miséricorde divine s’offre sans cesse à l’homme de bonne volonté !

    Le Fondateur ne serait pas lui-même s’il n’ajoutait quelques remarques bien concrètes pour étayer ses conseils. « Cher ami, écrit-il, croyez-en à mon expérience. Je connais ce genre d’épreuve »… Des mots tout simples suscitant d’emblée la confiance et justifiant ainsi l’affirmation péremptoire que le jeune Oblat a certainement accueillie avec joie. Qui ne seraut en effet comblé de s’entendre dire comme Jacques Antoine Jourdan : « Or, je vous déclare au nom de Dieu que vous êtes dans son amitié … » ?

    Comment l’Oblat pourrait-il désormais grandir dans cet état de grâce retrouvé sinon par les Règles et Constitutions signifiées par la communauté elle-même ? Aucun autoritarisme dans les directives d’Eugène à ce sujet, mais des mots remplis d’une amitié qui va droit au cœur : « ….Rapportez-vous en là-dessus à la décision qui vous sera donnée par nos chers frères qui vous aiment tant et que vous désolez comme moi par l’obstination que vous mettez à ne pas vous rapporter à leur décision sur les états par où il plaît à Dieu de vous faire passer. »

    L’épreuve pourra durer quelque temps encore. Il lui faudra alors se rappeler les souffrances de Jésus Christ et boire « à la coupe de son amertume ». Mais Jacques Antoine Jourdan a enfin saisi l’infinie portée de la miséricorde divine, il a pu toucher l’amour paternel du Fondateur et se sait épaulé par la communauté tout entière. Voici qui va lui permettre de vivre enfin la confiance que le divin Sauveur attend de lui.

    Une belle leçon pour nous que ces moments de la vie d’un jeune Oblat tourmenté par les scrupulea ! Au cas où… tâchons d’avoir l’humilité nécessaire de nous en ouvrir à une personne sûre, d’accepter les conseils qui vont nous permettre d’en sortir progressivement… Nous pourrons ainsi retrouver la confiance en Dieu et en nous-mêmes qui nous a fait un moment si cruellement défaut.

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