J’AI FAIT BEAUCOUP DE CHOSES ET UN TRÈS GRAND BIEN EN EST RÉSULTÉ

 Je suis prêtre depuis 21 ans. Il n’est pas à présumer qu’il me reste autant de temps à vivre que j’en ai passé dans le sacerdoce.
J’ai à examiner ce qu’a produit en moi la grâce qui me fut communiquée par l’imposition des mains. La correspondance que j’y ai apportée, la durée des heureuses impressions de l’Esprit Saint, la cause de mes infidélités et leurs funestes effets.

Eugène se remémore et prie sur sa vie de prêtre. Car, en tant qu’évêque, il recevra la plénitude de la prêtrise qui se fondera sur les 21 années de sa vie sacerdotale.

Quelles belles années que les premières années de mon saint ministère.

Il se souvient des étapes importantes de sa vie. La première se situe lorsque Napoléon a chassé les directeurs du séminaire, et qu’Eugène, nouvellement ordonné, est devenu un de ceux qui durent les remplacer.

Un an passé au séminaire étant prêtre, chargé d’inspirer aux autres l’amour des vertus ecclésiastiques et appelé à concourir avec de saints collaborateurs à conserver et à maintenir les bonnes traditions de nos anciens Directeurs, les Emery, les Duclaux, les Garnier, les Montagne, expulsés de leur maison, que nous dûmes soutenir en leur absence.

Puis ce fut l’excitation de ses premières années de prêtrise à Aix:

Quelles belles années que ces deux premières années que je passai à Aix dans l’exercice d’un ministère tout de charité, vivant dans l’intérieur de ma maison, avec le secours de mon domestique le bon Trappiste frère Maur, dans le recueillement, la prière et l’étude; tout le temps que je dérobais aux exercices extérieurs, et aux soins que je donnais à la jeunesse et aux prisonniers.

La bataille contre le typhus avec les prisonniers de guerre autrichiens:

Ah! si j’étais mort à cette époque, de cette mort que je demandais à Dieu de m’accorder depuis que j’étais prêtre, tous les jours à l’élévation du calice, je serais mort martyr de la charité, et je n’aurais pas à me reprocher tant de fautes, tant d’infidélités, je n’aurais pas à gémir sur cet état de tiédeur dans lequel m’ont jeté les innombrables occupations dont j’ai été surchargé depuis, soit dans l’exercice des saintes missions, l’établissement et la direction de notre Congrégation, soit dans l’administration du diocèse de Marseille, dans des temps si difficiles et au milieu de tant de contradictions. J’ai fait, il est vrai, beaucoup de choses, j’ai surmonté de grands obstacles, vaincu des difficultés insurmontables, le bien et un très grand bien en est résulté

Journal de Retraite avant la consécration épiscopale, du 7 au 14 Octobre 1832, EO XV n 166

Ceci nous invite à un retour en arrière dans nos vies et à remercier, malgré les difficultés.

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1 réponse à J’AI FAIT BEAUCOUP DE CHOSES ET UN TRÈS GRAND BIEN EN EST RÉSULTÉ

  1. Denyse Mostert dit :

    Voici maintenant le futur évêque engagé dans la réflexion dont il sortira assuré du choix divin. Il se rappelle les premières et heureuses années de son ministère lorsqu’il est demandé pour remplacer un directeur du séminaire chassé par Napoléon. Il note avec ferveur : « Un an passé au séminaire étant prêtre, chargé d’inspirer aux autres l’amour des vertus ecclésiastiques et appelé à concourir avec de saints collaborateurs à conserver et à maintenir les bonnes traditions de nos anciens Directeurs… »
    Il se dévouera ensuite auprès des prisonniers autrichiens lors d’une épidémie de typhus dont il sera atteint mais guérira. Il note alors son grand désir du moment : « Ah! si j’étais mort à cette époque, de cette mort que je demandais à Dieu de m’accorder depuis que j’étais prêtre, tous les jours à l’élévation du calice… »
    Mais le Seigneur avait des vues sur son prêtre. Eugène vivra de grandes et belles choses au cours des années qui lui seront accordées. « J’ai connu, écrira-t-il dans son Journal de Retraite, d’ innombrables occupations dont j’ai été surchargé depuis, soit dans l’exercice des saintes missions, l’établissement et la direction de notre Congrégation, soit dans l’administration du diocèse de Marseille, dans des temps si difficiles et au milieu de tant de contradictions. J’ai fait, il est vrai, beaucoup de choses, j’ai surmonté de grands obstacles, vaincu des difficultés insurmontables, le bien et un très grand bien en est résulté… » Il suffit, pour s’en rendre compte de consulter ses Écrits aux Missionnaires maintenant dispersés un peu partout dans le monde pour se rendre compte de la multiplicité des problèmes auxquels il doit faire face. Eugène a été un bon et fidèle serviteur; il lui reste à accueillir, sans toujours bien les comprendre, les voies du Seigneur.
    Difficile d’appliquer un tel crédit à mes propres actions ! Qu’il me suffise de penser à la protection divine qui ne m’a jamais fait défaut. Avec elle j’ai ainsi tenté de vivre le mieux possible, confiante et reconnaissante pour tant de personnes qui m’ont accompagnée et m’accompagnent encore dans un cheminement jamais terminé.

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