{"id":772,"date":"2011-10-24T05:00:37","date_gmt":"2011-10-24T03:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=772"},"modified":"2011-10-15T18:41:58","modified_gmt":"2011-10-15T16:41:58","slug":"quel-coup-d%e2%80%99oeil-que-celui-de-cette-voiture-qui-portait-ce-qui-existe-de-plus-precieux-sur-la-terre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=772","title":{"rendered":"QUEL COUP D\u2019\u0152IL QUE CELUI DE CETTE VOITURE QUI PORTAIT CE QUI EXISTE DE PLUS PR\u00c9CIEUX SUR LA TERRE"},"content":{"rendered":"<p>Puisque dans le passage pr\u00e9c\u00e9dent, j\u2019ai fait allusion \u00e0 l\u2019emprisonnement du Pape, je reproduis ici la narration de la lib\u00e9ration du Pape et de son passage tout pr\u00e8s d\u2019Aix, en f\u00e9vrier 1814. Napol\u00e9on avait express\u00e9ment d\u00e9fendu que le Pape pass\u00e2t par la ville, car il ne souhaitait pas que ce dernier re\u00e7oive quelque acclamation populaire. N\u00e9anmoins, le peuple d\u2019Aix accourut pour le voir. C\u2019\u00e9tait un geste p\u00e9rilleux, et en cons\u00e9quence Eug\u00e8ne se donna dans cette lettre une identit\u00e9 diff\u00e9rente et s\u2019y fit passer pour une femme.<\/p>\n<p>La narration est assez longue, mais elle est remplie de la vive \u00e9motion de la premi\u00e8re fois que le P\u00e8re de Mazenod ait eu quelque contact avec le Pape :<\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>J&rsquo;ai trop d&#8217;embarras, ch\u00e8re et bonne amie, \u00e9crit-il, pour risquer une longue lettre, mais, celle-ci d\u00fbt-elle rester en chemin, je ne renverrai pas plus loin pour te donner de mes nouvelles. Je me porte bien, \u00e0 part une blessure au talon que j&rsquo;ai gagn\u00e9e en accompagnant la voiture du Saint-P\u00e8re. Je m&rsquo;\u00e9tais empar\u00e9e de la porti\u00e8re qui, comme tu sais, est tr\u00e8s pr\u00e8s de la roue; mais ce n&rsquo;est rien, je suis trop heureuse d&rsquo;avoir pu garder si longtemps cette place, m&rsquo;en e\u00fbt-il co\u00fbt\u00e9 davantage.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Lundi 7, \u00e0 8 heures du matin, nous f\u00fbmes avertis que le Saint-P\u00e8re passerait \u00e0 midi. Ce bruit se r\u00e9pandit dans un instant, et aussit\u00f4t les boutiques de se fermer et le monde d&rsquo;accourir, malgr\u00e9 le vent, qui \u00e9tait ce jour-l\u00e0 schismatique enrag\u00e9. Il fut brav\u00e9, je ne dis pas par de grosses gaguis [ed expression qui d\u00e9signe des filles ou des femmes qui ont beaucoup d&#8217;embonpoint] comme nous, mais par les plus jeunes et les plus d\u00e9licates petites ma\u00eetresses, qui p\u00eale-m\u00eale, avec tout le reste de la population, accoururent hors la ville, par o\u00f9 le Tr\u00e8s Saint- P\u00e8re devait passer.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Ceux qui avaient ordonn\u00e9 qu&rsquo;il ne s&rsquo;arr\u00eat\u00e2t ni ne pass\u00e2t m\u00eame, s&rsquo;il \u00e9tait possible, dans aucune grande ville, n&rsquo;avaient pas pens\u00e9 apparemment que les habitants en sauraient bien sortir. Tant y a qu&rsquo;ici il n&rsquo;est rest\u00e9 dans les murs que les agonisants.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>D\u00e8s que le Saint- P\u00e8re parut, ce ne fut qu&rsquo;un cri de \u00ab Vive le Pape! Vive le Saint! \u00bb On sauta sur la bride des chevaux, on arr\u00eata la voiture, on porta ensuite et chevaux et voiture plus qu&rsquo;on n&rsquo;accompagna. C&rsquo;\u00e9tait une foule immense, sans cohue; les transports, les sentiments d&rsquo;amour, de respect, qu&rsquo;on exprimait avec toute la vivacit\u00e9 propre au caract\u00e8re natio\u00acnal, \u00e9taient en m\u00eame temps si bien peints sur toutes les figures que le Saint-P\u00e8re ne pouvait se lasser de regarder, de b\u00e9nir et de pleurer.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Je fendis la presse, j&rsquo;arrivai \u00e0 la porti\u00e8re que je ne quittai plus jusqu&rsquo;au relai qui \u00e9tait post\u00e9 hors la ville; ma comm\u00e8re, que tu vis \u00e0 Grenoble, \u00e9tait \u00e0 la m\u00eame place que moi; elle y perdit son soulier; s&#8217;empara qui voulut de nos bonnets, ils rest\u00e8rent \u00e0 la bataille et ne nous furent rendus qu&rsquo;\u00e0 notre retour chez nous. Figure-toi quel coup d&rsquo;\u0153il que celui de cette voiture qui portait ce qui existe de plus pr\u00e9cieux sur la terre, marchant au milieu de quinze ou vingt mille personnes, qui ne cessaient de crier les choses les plus amoureuses et les plus capables de tou\u00accher le c\u0153ur d&rsquo;un bon P\u00e8re; c&rsquo;\u00e9tait ravissant.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Le soir, je montai dans une voiture et marchai toute la nuit pour me trouver, \u00e0 son r\u00e9veil, dans le petit village o\u00f9 il fut oblig\u00e9 de coucher. Je ne te r\u00e9p\u00e9terai pas ce qui s&rsquo;y passa, mais je ne puis te taire ce qui me frappa le plus, c&rsquo;est la d\u00e9votion avec laquelle le peuple se pr\u00e9cipita sur le lit qu&rsquo;il avait occup\u00e9, pour le baiser.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on a re\u00e7u cet homme que M. notre Pr\u00e9fet voulait que l&rsquo;on accueill\u00eet comme un bourgeois; on l&rsquo;a partout trait\u00e9 comme un saint<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p><em>Lettre \u00e0 Mme Ginod, le 10 f\u00e9vrier 1814.<\/em> (Paris, Arch. de la Sainte-Enfance), papiers Forbin-Janson. Cette Mme Ginod para\u00eet bien \u00eatre une destinataire fictive, couvrant l&rsquo;abb\u00e9 de Forbin-Janson lui-m\u00eame.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Puisque dans le passage pr\u00e9c\u00e9dent, j\u2019ai fait allusion \u00e0 l\u2019emprisonnement du Pape, je reproduis ici la narration de la lib\u00e9ration du Pape et de son passage tout pr\u00e8s d\u2019Aix, en f\u00e9vrier 1814. 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