{"id":2092,"date":"2014-05-20T05:00:53","date_gmt":"2014-05-20T03:00:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=2092"},"modified":"2014-05-14T13:20:52","modified_gmt":"2014-05-14T11:20:52","slug":"qui-est-saint-eugene-un-jeune-emigre-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=2092","title":{"rendered":"QUI EST SAINT EUG\u00c8NE? UN JEUNE \u00c9MIGR\u00c9"},"content":{"rendered":"<p>1791 \u2013 1802 : 11 ann\u00e9es d\u2019exil \u00e0 Nice, Turin, Venise, Naples et Palerme.<\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Mon p\u00e8re ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 de prise de corps par les r\u00e9volutionnaires, \u00e0 son retour de sa d\u00e9putation aux \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux, quitta la France et se rendit \u00e0 Nice, d\u2019o\u00f9 bient\u00f4t il m\u2019envoya son fr\u00e8re pour qu\u2019il m\u2019accompagn\u00e2t aupr\u00e8s de lui\u2026<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Il fallait bien qu\u2019on f\u00fbt effray\u00e9 de la menace que l\u2019on avait faite de se d\u00e9faire des enfants des nobles, pour que ma m\u00e8re consent\u00eet \u00e0 me laisser entreprendre ce voyage avant m\u00eame d\u2019\u00eatre enti\u00e8rement remis d\u2019une indisposition qui m\u2019avait beaucoup fatigu\u00e9\u2026<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Je n\u2019avais pas neuf ans. Tout ce que je pus faire fut de garder le secret comme aurait pu le faire une grande personne. On me l\u2019avait recommand\u00e9, il fut fid\u00e8lement tenu.<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p><strong>VENISE<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Un jour je m\u2019amusais \u00e0 la fen\u00eatre qui donnait en face de la maison de la famille Zinelli. D. Bartolo parut de son c\u00f4t\u00e9, et m\u2019adressant la parole, il me dit: \u00abMonsieur Eug\u00e8ne, ne craignez-vous pas de perdre votre temps en baguenaudant ainsi \u00e0 la fen\u00eatre? \u2013 H\u00e9las, monsieur, repris-je, c\u2019est bien \u00e0 regret, mais que puis-je faire? Vous savez que je suis \u00e9tranger, et je n\u2019ai pas un livre \u00e0 ma disposition\u00bb C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il voulait en venir: \u00abQu\u2019\u00e0 cela ne tienne, mon cher enfant, vous me voyez ici pr\u00e9cis\u00e9ment dans ma biblioth\u00e8que, o\u00f9 se trouvent beaucoup de livres latins, italiens, fran\u00e7ais m\u00eame, si vous en voulez.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Je ne demande pas mieux\u00bb lui r\u00e9pliquai-je. A l\u2019instant D. Bartolo d\u00e9tache la barre qui tenait les volets de la fen\u00eatre, et y pla\u00e7ant un livre dessus, il me le fait passer \u00e0 travers la petite rue qui nous s\u00e9parait. Le livre fut bient\u00f4t lu, car je lisais toujours avec avidit\u00e9, et le lendemain mon p\u00e8re me conseilla d\u2019aller le rendre, et de remercier D. Bartolo. Tout cela \u00e9tait pr\u00e9vu.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>D. Bartolo m\u2019accueillit avec la plus grande bont\u00e9; il me fit parcourir sa biblioth\u00e8que, et je passai de l\u00e0 dans le cabinet o\u00f9 il \u00e9tudiait autour d\u2019une grande table avec son fr\u00e8re, D. Pietro, qui n\u2019\u00e9tait encore que diacre. \u00abTous nos livres sont \u00e0 votre disposition\u00bb, me dit D. Bartolo. Puis il ajouta: \u00abC\u2019est ici que mon fr\u00e8re et moi \u00e9tudions: vous voyez l\u00e0 la place qui \u00e9tait occup\u00e9e par un autre de mes fr\u00e8res que le bon Dieu a appel\u00e9 \u00e0 lui. S\u2019il vous \u00e9tait agr\u00e9able de lui succ\u00e9der, vous n\u2019avez qu\u2019\u00e0 le dire, nous nous ferons un plaisir de vous faire continuer vos classes, que vous n\u2019avez pas sans doute achev\u00e9es.\u00bb \u2026<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>A partir de cette \u00e9poque, tous les jours pendant pr\u00e8s de quatre ans, je me rendais apr\u00e8s la messe aupr\u00e8s de ces ma\u00eetres b\u00e9n\u00e9voles qui me faisaient travailler\u2026<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2026 ma m\u00e8re et ma s\u0153ur, avaient quitt\u00e9 Venise pour se rendre en France. Elles y \u00e9taient appel\u00e9es par l\u2019int\u00e9r\u00eat de nos familles. C\u2019\u00e9tait dans l\u2019espoir de sauver leur dot du naufrage qui allait engloutir la fortune de tous les \u00e9migr\u00e9s. Elles ont r\u00e9ussi, mais ce fut au prix du p\u00e9nible sacrifice d\u2019une s\u00e9paration qui devait durer sept ans.<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p><strong>NAPLES<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Mon s\u00e9jour \u00e0 Naples, reprend la relation, fut pour moi une ann\u00e9e accablante de la plus triste monotonie\u2026.<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p><strong>PALERME<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>La Providence, qui a toujours veill\u00e9 sur moi depuis ma plus tendre enfance, m\u2019ouvrit les portes d\u2019une famille sicilienne, o\u00f9 je fus admis d\u00e8s le d\u00e9but comme l\u2019enfant de la maison. C\u2019est la famille du duc de Cannizzaro\u2026<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>A partir de cette \u00e9poque jusqu\u2019\u00e0 mon retour en France, je fis partie de la famille: mon couvert \u00e9tait toujours mis \u00e0 sa table; je la suivais \u00e0 la campagne dans la belle saison, et tout \u00e9tait \u00e0 mon service dans la maison comme au service des propres enfants, qui se consid\u00e9raient comme mes fr\u00e8res.<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Journal d\u2019\u00e9migration en Italie, (1791-1802), E.O. XVI<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1791 \u2013 1802 : 11 ann\u00e9es d\u2019exil \u00e0 Nice, Turin, Venise, Naples et Palerme. 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