{"id":1919,"date":"2013-10-15T05:00:20","date_gmt":"2013-10-15T03:00:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=1919"},"modified":"2013-10-11T15:10:09","modified_gmt":"2013-10-11T13:10:09","slug":"vivre-en-compagnie-de-la-royaute","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=1919","title":{"rendered":"VIVRE EN COMPAGNIE DE LA ROYAUT\u00c9"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce fut \u00e0 cette \u00e9poque que le duc d&rsquo;Angoul\u00eame et le duc de Berry , qui s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Turin aupr\u00e8s du roi, leur grand-p\u00e8re, vinrent visiter le coll\u00e8ge des Nobles, accompagn\u00e9s de M. le duc de Sorrent, leur gouverneur. Eug\u00e8ne leur fut pr\u00e9sent\u00e9, et les princes furent invit\u00e9s \u00e0 entrer dans sa petite chambre comme \u00e9tant la plus proprement tenue de toute la chambr\u00e9e. M. le duc de Berry voulut mesurer sa taille en s&rsquo;approchant d&rsquo;Eug\u00e8ne, qui, quoique moins \u00e2g\u00e9 de quatre ans, se trouva plus grand que lui, ce que le prince remarqua avec exclamation.<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Journal de l\u2019Exil en Italie, EO XV1 p.29-30<\/em><\/p>\n<p>\u00a0Les deux ducs \u00e9taient les fils du futur Roi Charles X de France. Eug\u00e8ne allait avoir d\u2019autres contacts avec le Duc de Berry \u00e0 Palerme. Eug\u00e8ne \u00e9tait alors \u00e2g\u00e9 de 17 ans :<\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Je dus \u00e0 cette intime liaison avec les Vintimille l&rsquo;honneur et l&rsquo;agr\u00e9ment d&rsquo;avoir pass\u00e9 dans une sorte de familiarit\u00e9 respectueuse de ma part, avec le malheureux duc de Berry , \u00e0 peu pr\u00e8s toutes les soir\u00e9es de son s\u00e9jour \u00e0 Palerme. Le prince, pour se d\u00e9lasser de l&rsquo;\u00e9tiquette de la journ\u00e9e, venait tous les soirs prendre le th\u00e9 chez la princesse de Vintimille, accompagn\u00e9 du chevalier de Sourdis, son aide de camp. J&rsquo;\u00e9tais seul admis dans cette soci\u00e9t\u00e9 de choix avec le prince de Vintimille et la comtesse, sa belle-m\u00e8re: Madame de V\u00e9rac n&rsquo;\u00e9tait pas encore arriv\u00e9e \u00e0 Palerme. Nous allions quelquefois en ce petit comit\u00e9 faire une promenade dans les environs de la ville. Le samedi, le duc me donnait en riant rendez-vous pour sa revue du lendemain. C&rsquo;\u00e9tait la r\u00e9ception officielle qu&rsquo;il accordait le dimanche \u00e0 toute la colonie fran\u00e7aise. Il \u00e9tait venu \u00e0 Palerme pour demander la main d&rsquo;une des princesses, filles du roi de Naples\u2026<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Je crains que ce que je pourrais dire encore, d&rsquo;apr\u00e8s les notes qui me restent sur mon s\u00e9jour en Sicile, ne pr\u00e9sente plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat apr\u00e8s le r\u00e9cit que je viens de faire de mes rapports avec l&rsquo;h\u00e9ritier pr\u00e9somptif du tr\u00f4ne de France, avec ce malheureux duc de Berry, tomb\u00e9 sous le fer parricide des conjur\u00e9s, qui esp\u00e9raient en l&rsquo;assassinant, en plongeant le poignard dans son c\u0153ur, \u00e9touffer avec lui toute sa race.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Qu&rsquo;est-ce, en effet, que de raconter qu&rsquo;un beau matin, le 7 juillet, allant \u00e0 l&rsquo;Arenella pour passer la journ\u00e9e au ch\u00e2teau du prince de Vintimille, je rencontrai ce prince dirigeant ses pas vers la mer o\u00f9 son bateau l&rsquo;attendait. Il me pressa de l&rsquo;accompagner pour faire ensemble une partie de natation. Arriv\u00e9 en pleine mer, il se jeta \u00e0 l&rsquo;eau avant moi. Je m&rsquo;y jetai apr\u00e8s lui, mais soit que le pied me gliss\u00e2t, soit par quelque autre maladresse, je tombai \u00e0 plat au lieu de fendre l&rsquo;eau comme on doit faire. Le fait est que je me d\u00e9mis l&rsquo;\u00e9paule sans m&rsquo;en douter. Je sentais bien une douleur tr\u00e8s vive qui m&#8217;emp\u00eachait de me servir de mon bras pour nager, mais je l&rsquo;attribuai \u00e0 une crampe violente. Je ne fus d\u00e9tromp\u00e9 qu&rsquo;en arrivant \u00e0 la grotte vers laquelle nous nous dirigions, et en sortant de l&rsquo;eau, ce fut le prince qui s&rsquo;\u00e9cria: Vous vous \u00eates d\u00e9mis l&rsquo;\u00e9paule. Je souris, il m&rsquo;en souvient, de l&rsquo;aventure, en jetant les yeux sur ce membre disloqu\u00e9. L&rsquo;effort que j&rsquo;avais d\u00fb faire avait sans doute aggrav\u00e9 la luxation: mon bras \u00e9tait tout \u00e0 fait tourn\u00e9. Il fallut prendre de grandes pr\u00e9cautions pour me v\u00eatir. On dut se contenter de couvrir la partie l\u00e9s\u00e9e, et le bateau du prince me conduisit jusqu&rsquo;\u00e0 la porte de la ville, appel\u00e9e de la Marine, o\u00f9 je montai en voiture, pour me rendre non pas chez moi, mon p\u00e8re et mes oncles eussent \u00e9t\u00e9 trop effray\u00e9s de me voir dans cet \u00e9tat, mais dans ma maison d&rsquo;adoption, chez les Cannizzaro o\u00f9 tous les secours me furent prodigu\u00e9s sur-le-champ. Je n&rsquo;envoyai avertir mes parents qu&rsquo;apr\u00e8s la douloureuse et longue op\u00e9ration que je fus oblig\u00e9 de subir pour que les hommes de l&rsquo;art remissent le membre lux\u00e9 \u00e0 sa place. Le premier chirurgien de la ville avait \u00e9t\u00e9 appel\u00e9. Apr\u00e8s un travail de pr\u00e8s de demi-heure, qui le faisait suer \u00e0 grosses gouttes, et dont je sentais tellement la pression que j&rsquo;aurais cri\u00e9 de douleur si j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 plus douillet, l&rsquo;habile chirurgien avait amen\u00e9 l&rsquo;os d\u00e9bo\u00eet\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;orifice de la cavit\u00e9 o\u00f9 il fallait le faire rentrer, mais il avoua qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas assez de force pour achever seul cette op\u00e9ration. On envoya chercher tout de suite un jeune apprenti de l&rsquo;h\u00f4pital voisin. On l&rsquo;avait bien choisi, c&rsquo;\u00e9tait un colosse: d&rsquo;un seul coup de sa forte main, il fit embo\u00eeter l&rsquo;os dans sa cavit\u00e9 et je ne sentis plus de douleur. On me soigna, et je portai mon bras en \u00e9charpe assez longtemps, ce qui n&#8217;emp\u00eacha pas que je m&rsquo;en sois ressenti pendant plus de trente ans, d\u00e8s que mon bras se fatiguait un peu..<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Journal de l\u2019Exil en Italie, EO XVI p.86-88<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab Nagu\u00e8re, les gens naissaient de famille royale. \u00c0 pr\u00e9sent, la royaut\u00e9 vient de ce que vous faites. \u00bb Gianni Versace<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce fut \u00e0 cette \u00e9poque que le duc d&rsquo;Angoul\u00eame et le duc de Berry , qui s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Turin aupr\u00e8s du roi, leur grand-p\u00e8re, vinrent visiter le coll\u00e8ge des Nobles, accompagn\u00e9s de M. le duc de Sorrent, leur gouverneur. &hellip; <a href=\"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=1919\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mi_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1919","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1919","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1919"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1919\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1919"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}