{"id":1412,"date":"2012-10-27T05:00:44","date_gmt":"2012-10-27T03:00:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=1412"},"modified":"2012-10-26T23:55:33","modified_gmt":"2012-10-26T21:55:33","slug":"une-explosion-demotion-provencale","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.eugenedemazenod.net\/fra\/?p=1412","title":{"rendered":"UNE EXPLOSION D\u2019\u00c9MOTION PROVEN\u00c7ALE"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9motions se soulev\u00e8rent dans cette ville du sud de la France et \u00e7a ne prit pas beaucoup pour soulever les passions d\u2019une foule \u2013 particuli\u00e8rement si la cause de leur col\u00e8re rejoignait quelqu\u2019un qu\u2019ils aimaient et respectaient. Eug\u00e8ne avait \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9reux dans son minist\u00e8re aupr\u00e8s des classes les plus pauvres et il avait parcouru bien des \u00e9tapes pour assurer leur bien-\u00eatre. Toute attaque contre lui \u00e9tait assur\u00e9e de provoquer une r\u00e9action anim\u00e9e et la mesquinerie des Chanoines fit exactement cela. Eug\u00e8ne et les Missionnaires \u00e9taient proches des gens, et les gens aussi \u00e9taient proches d\u2019eux, comme Leflon le raconte:<\/p>\n<p><em>Mais les Chanoines ne se tinrent pas pour d\u00e9finitivement battus. \u00c0 la cl\u00f4ture de la mission proven\u00e7ale, ils voulurent donc, pour revendiquer publiquement leurs privil\u00e8ges et affirmer les droits de leur dignit\u00e9 m\u00e9connue, interdire la parole au Sup\u00e9rieur des Missionnaires de Provence. La cath\u00e9drale \u00e9tait alors remplie par une foule d\u2019hommes, de femmes, qui avaient assist\u00e9 \u00e0 la procession au Calvaire et attendaient, en chantant des cantiques, le sermon final que devait prononcer celui-ci. Or, au lieu de l\u2019orateur attendu, on voit para\u00eetre en chaire le cur\u00e9 de Saint-Sauveur et, \u00e0 la stup\u00e9faction g\u00e9n\u00e9rale, M. Honorat annonce que, les exercices \u00e9tant termin\u00e9s, il n\u2019y aura pas de pr\u00e9dication; on devait donc se retirer imm\u00e9diatement en silence. D\u2019abord abasourdis par cette communication impr\u00e9vue, les assistants qui, \u00e0 bon droit, attribuent au Chapitre l\u2019affront inflig\u00e9 au Fondateur, protestent avec v\u00e9h\u00e9mence, tous se l\u00e8vent, gesticulent, s\u2019agitent, crient leur indignation, voire prof\u00e8rent des menaces. \u00c9pouvant\u00e9s de cette r\u00e9action violente, les pauvres chanoines se r\u00e9fugient dans la sacristie et de l\u00e0, par un passage int\u00e9rieur, dans l\u2019archev\u00each\u00e9 lui-m\u00eame.\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019un d\u2019eux toutefois, Rey, sans doute plus brave ou plus compromis que les autres, au lieu de faire avec ses coll\u00e8gues prudemment retraite, a la malencontreuse id\u00e9e de vouloir haranguer les manifestants. Il monte sur une chaise, invite les fid\u00e8les \u00e0 r\u00e9citer avec lui un Pater et un Ave, qu\u2019il esp\u00e9rait prolonger par une exhortation au calme. Or, au lieu d\u2019apaiser ses auditeurs, qui refusent de l\u2019entendre et couvrent sa voix aigre de leurs invectives irrit\u00e9es, Rey ne r\u00e9ussit qu\u2019\u00e0 les exasp\u00e9rer davantage. Il lui faut d\u00e9guerpir \u00e0 son tour, sous peine de risquer un mauvais parti. Difficilement, il se d\u00e9gage pour se claquemurer avec ses coll\u00e8gues. Faute de pouvoir l\u2019atteindre avant qu\u2019il ait rejoint la sacristie, des hommes sortent alors de l\u2019\u00e9glise, courent au palais archi\u00e9piscopal, dont ils veulent briser les vitres \u00e0 coups de pierre, sinon enfoncer les portes.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00a0Leflon 2, p. 137-138<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Eug\u00e8ne d\u00e9crivit cet \u00e9v\u00e9nement \u00e0 l\u2019Archev\u00eaque:<\/p>\n<blockquote>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Cet arrangement ne pl\u00fbt pas. Sans me pr\u00e9venir, M Rey voulut forcer le peuple \u00e0 se retirer apr\u00e8s la b\u00e9n\u00e9diction qui terminait l&rsquo;office des chanoines. M. Beylet donna ordre \u00e0 M. le cur\u00e9 d&rsquo;annoncer en chaire que la mission \u00e9tait finie, et que l&rsquo;on n&rsquo;avait plus rien \u00e0 dire. Le peuple ne bougeait pas, dans l&rsquo;attente de ce que j&rsquo;avais annonc\u00e9 peu d&rsquo;heures auparavant. M. Rey se permit de le gourmander; on murmura assez hautement; il voulut alors faire dire un Pater et un Ave pour expier ce qu&rsquo;il appelait un scandale; on ne se pressa pas de r\u00e9pondre, ou, pour mieux dire, un tr\u00e8s grand nombre de personnes lui donn\u00e8rent des signes non \u00e9quivoques d&rsquo;improbation. Sur ces entrefaites, le p. Deblieu arriva pour faire chanter les cantiques. A peine le peuple vit-il para\u00eetre un missionnaire, qu&rsquo;il applaudit en criant: \u00abVivent les missionnaires\u00bb. Le p. Deblieu ayant annonc\u00e9 que, la mission ne finissant qu&rsquo;au discours de cl\u00f4ture, on allait commencer le chant en attendant que j&rsquo;arrivasse. Cette annonce excita de nouveaux transports de joie, qu&rsquo;il apaisa en entonnant les cantiques. J&rsquo;arrive ne me doutant de rien; j&rsquo;entre \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, o\u00f9 je trouve le calme parfaitement r\u00e9tabli. Je me dispose \u00e0 monter en chaire, quand on me pr\u00e9vient que M. Beylet a d\u00e9fendu que je pr\u00eache. Je recours \u00e0 M. le cur\u00e9 pour savoir si cette \u00e9trange nouvelle est vraie; M. Honor\u00e2t m&rsquo;avoue que M. le Grand vicaire l&rsquo;a charg\u00e9 express\u00e9ment de me signifier qu&rsquo;il m&rsquo;\u00e9tait d\u00e9fendu de pr\u00eacher. Je fr\u00e9mis sur les suites d&rsquo;une contradiction si intempestive;<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>mais, croyant devant Dieu qu&rsquo;il \u00e9tait plus parfait d&rsquo;ob\u00e9ir, je monte sur une chaise pour pr\u00e9parer cette multitude \u00e0 la nouvelle que je redoutais tant de lui apprendre.<\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>J&rsquo;eus beau m\u00e9nager les termes, l&rsquo;indignation fut \u00e0 son comble. On se jette sur moi en poussant des cris. Je me sauve; on ne me quitte pas. Les cris redoubl\u00e8rent quand je fus sorti de l&rsquo;\u00e9glise, chacun se pr\u00e9cipitant pour pouvoir m&#8217;embrasser; des hommes m&rsquo;enl\u00e8vent en criant: \u00abVive le P\u00e8re de Mazenod, vivent les missionnaires!\u00bb La foule augmente \u00e0 chaque instant, et ce ne fut qu&rsquo;avec beaucoup de peine que je parvins \u00e0 prendre le chemin de notre maison, toujours accompagn\u00e9 de cette multitude qui remplit notre \u00e9glise, notre maison et la place des Carm\u00e9lites. Malheureusement l&rsquo;indignation contre les auteurs du d\u00e9sordre qui venait d&rsquo;avoir lieu se m\u00ealait aux cris affectueux envers nous. Au milieu de tout ce tumulte, je parvins \u00e0 me faire entendre des marches de notre \u00e9glise. Je conjurai ce peuple de s&rsquo;apaiser, de respecter l&rsquo;autorit\u00e9 et de se tenir en paix. Je le lui demandai comme une preuve de son attachement pour moi. On fut touch\u00e9 apparemment de mes paroles, et l&rsquo;on promit de se retirer, tout en poussant de nouveau les cris de: \u00abVivent les missionnaires, etc.\u00bb Les plus empress\u00e9s avaient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la maison, qui ne d\u00e9semplit pas, malgr\u00e9 mes instances, jusque bien avant dans la nuit.<\/strong><\/h5>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Lettre \u00e0 Mgr de Bausset, archev\u00eaque d\u2019Aix, 1er mai, 1820, E.O.XIII n.28<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Si tu \u00e9tais arr\u00eat\u00e9 pour le fait que tu es chr\u00e9tien, y aurait-il assez d\u2019\u00e9vidence pour te condamner?\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>David Otis Fuller<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9motions se soulev\u00e8rent dans cette ville du sud de la France et \u00e7a ne prit pas beaucoup pour soulever les passions d\u2019une foule \u2013 particuli\u00e8rement si la cause de leur col\u00e8re rejoignait quelqu\u2019un qu\u2019ils aimaient et respectaient. 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